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Bulletin Quotidien Europe N° 10290
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/tunisie

Préoccupée, l'UE veut la libération immédiate des manifestants

Bruxelles, 10/01/2011 (Agence Europe) - L'UE est « préoccupée » de la tournure très violente qu'ont prise les manifestations en Tunisie contre le chômage, les mauvaises conditions socio-économiques mais aussi le régime politique. Ces troubles ont dégénéré ces derniers jours en émeutes sanglantes. On comptait lundi au moins une vingtaine de morts et de nombreux blessés. S'exprimant au nom des Vingt-sept, le Haut représentant pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton, a appelé les autorités tunisiennes et les manifestants à faire preuve de retenue dans le recours à la force et à entamer un « dialogue » afin de trouver des solutions aux problèmes existants. Mme Ashton réclame aussi la « libération immédiate » de tous les bloggeurs, journalistes, avocats et autres personnes détenues pour avoir manifesté, a déclaré sa porte-parole, lundi 10 janvier devant la presse. L'UE entretient des relations très étroites avec la Tunisie (qui fut le premier pays du sud de la Méditerranée à signer un accord d'association avec l'UE en 1995, Ndlr) et elle envisage même de renforcer la coopération, mais l'obtention du 'statut avancé' souhaité par Tunis requiert des engagements accrus sur tous les sujets, « en particulier dans le domaine des droits de l'Homme et des libertés fondamentales », a déclaré la porte-parole de Mme Ashton. Les négociations sur le 'statut avancé' sont en cours ; la deuxième session de négociation s'est tenue en décembre dernier. Du côté européen, on affirme ne pas encore avoir suffisamment de substance pour négocier en profondeur étant donné que la Tunisie veut faire admettre son propre point de vue sur les droits de l'Homme. Ainsi, Tunis insisterait beaucoup sur ses droits souverains dans ce domaine et sur la spécificité de leur acheminement vers la démocratie, expliquent des sources. Les services de Mme Ashton envisageaient de publier une déclaration écrite sur la situation en Tunisie plus tard dans la journée (lundi en début de soirée, elle n'était pas encore disponible, Ndlr).

Pour la suspension des pourparlers sur le 'statut avancé'. La Fédération internationale des ligues de droits de l'Homme (FIDH) a réclamé lundi la suspension des négociations sur ce 'statut avancé' de la Tunisie. « Il est urgent de demander à l'Union européenne de suspendre les négociations pour le statut avancé en cours », a estimé la présidente de la FIDH, Souhayr Belhassen. « Il faut que ces négociations sur le statut avancé soient suspendues, en attendant d'intégrer tout ce que nous demandons depuis des années (...) et que soient respectés le développement de la démocratie et les droits de l'Homme », a-t-elle ajouté. (H.B.)

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