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Bulletin Quotidien Europe N° 10290
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/sÛretÉ alimentaire

L'affaire des œufs et de la viande à la dioxine rebondit

Bruxelles, 10/01/2011 (Agence Europe) - L'alerte aux œufs et à la viande allemands contaminés à la dioxine n'en finit pas de rebondir, au sein de l'UE et, pour la première fois, en dehors de ses frontières via de premières mesures d'embargo, mais la Commission européenne se veut toujours aussi rassurante, au vu des données dont elle dispose, et du faible niveau de contamination potentielle (EUROPE n° 10289 et 10288).

La Commission a confirmé lundi 10 janvier que le Danemark, l'Italie et la France avaient importé des produits potentiellement contaminés, mais la situation est sous contrôle. Au Danemark, les œufs n'ont pas été mis sur le marché car ils étaient destinés à des poules pondeuses. En France, le lot d'œufs suspects aurait un taux de dioxine inférieur à la limite autorisée dans l'UE (3 picogrammes par gramme de gras). Selon le ministère français de l'Agriculture, le réseau d'alerte européen RASFF a permis d'identifier qu'un couvoir situé dans l'Isère a reçu « un lot d'aliments issus d'un fabricant allemand », mais la production d'œufs n'est pas destinée à l'alimentation humaine. « D'après les autorités allemandes, les produits concernés sont conformes à la réglementation en vigueur sur la dioxine. Néanmoins, des investigations sont en cours pour s'assurer que la concentration en dioxine de ces lots est inférieure aux normes » et « par précaution, l'élevage est placé sous surveillance dans l'attente des résultats des analyses complémentaires », précise un communiqué ministériel publié lundi. Le Royaume-Uni a publié sur le site Internet de son agence de la sécurité des aliments ce qu'il est advenu des œufs suspects transformés reçus à la mi-décembre, ce qui prouve l'efficacité de la traçabilité.

La Commission dément en revanche que la Slovaquie ait pris une mesure d'embargo sur les exportations allemandes. « La Slovaquie nous a indiqué vendredi qu'elle va procéder à des contrôles », a déclaré à la presse Frédéric Vincent, porte-parole du commissaire John Dalli (Santé, protection des consommateurs). Et d'ajouter: « Le seul pays tiers à avoir suspendu les importations, c'est la Corée du Sud, mercredi, pour la viande de porc en provenance d'Allemagne. C'est une mesure disproportionnée par rapport à la situation allemande. La DG SANCO va discuter avec les autorités coréennes ».

L'enquête de traçabilité des produits se poursuit en Allemagne et en Europe pour identifier les lots d'aliments pour animaux mis sur le marché en provenance des fabricants allemands et les retirer du marché. Vendredi, le nombre de fermes allemandes bloquées était de 4 700. Lundi matin, il n'était plus que de 1635. Et pour relativiser l'ampleur de l'affaire, Frédéric Vincent souligne que « l'Allemagne compte 400 000 exploitations agricoles et que quelque 500 millions d'œufs sont consommés chaque jour dans l'UE ». Impossible à ce stade de savoir à quand exactement remonte la contamination et si elle est d'origine criminelle. Il appartient aux autorités judiciaires allemandes d'enquêter. Le comité permanent de la chaîne alimentaire et de la santé animale de l'UE fera le point de la situation ces mardi et mercredi. (A.N.)

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