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Bulletin Quotidien Europe N° 10290
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/politique ÉnergÉtique

Sommet exceptionnel trés attendu en février

Bruxelles, 10/01/2011 (Agence Europe) - L'année 2011, qui verra la Hongrie boucler au premier semestre les travaux du trio de présidences menés par l'Espagne et la Belgique en 2010, pourrait se révéler être un tournant majeur pour une politique énergétique commune de l'UE encore embryonnaire, mais à laquelle l'entrée en vigueur du Traité de Lisbonne a toutefois donné une compétence accrue. Evénement qui marquera un temps fort de la présidence hongroise, le Conseil européen convoqué le 4 février prochain à Bruxelles par Herman Van Rompuy et spécialement consacré à l'énergie confirme l'importance accordée au plus haut niveau politique à ce dossier crucial pour l'avenir de l'UE. Outre valider en mars la stratégie énergétique à l'horizon 2020, les Vingt-sept vont aussi convenir au printemps d'une feuille de route de long terme pour la politique énergétique commune. Aux côtés de M. Van Rompuy, José Manuel Barroso est lui aussi déterminé à donner de l'élan aux travaux communautaires, aussi bien en matière de sécurité que d'efficacité énergétique.

Sommet européen exceptionnel et feuille de route pour 2050. Sous présidence hongroise, plusieurs dossiers stratégiques appelés à définir les orientations de la politique énergétique commune pour la décennie à venir et à l'horizon 2050 seront discutés. Les Vingt-sept devront en effet valider la stratégie décennale 2011-2020 proposée en novembre par la Commission européenne et soutenue par le Conseil Énergie de décembre, ainsi que son corollaire consacré aux infrastructures. Dans la lignée de l'exécutif européen, la présidence hongroise met l'accent sur les cinq priorités de la stratégie décennale, qui sera débattue au Conseil européen exceptionnel sur l'énergie du 4 février et adoptée au Conseil européen de printemps, à savoir: l'utilisation efficace de l'énergie, l'intégration du marché européen, le déplacement technologique, l'approvisionnement sûr et abordable au profit des consommateurs et la dimension extérieure renforcée axée sur un partenariat international fort. Budapest espère voir le Conseil européen du 25 mars confirmer l'adoption prévue par le Conseil Énergie du 28 février de conclusions sur la stratégie décennale.

La présidence hongroise espère aussi achever des travaux que la présidence belge n'a pu boucler à cause des retards pris par la Commission relatifs à l'agenda énergétique de long terme de l'UE. La feuille de route à l'horizon 2050, fixant les grandes orientations pour assurer la transition de l'UE vers une économie à très faible teneur en carbone à mi-chemin vers le 22ème siècle, devrait voir le jour au printemps, avant d'être examinée par les ministres de l'Énergie lors de la réunion informelle des 2 et 3 mai à Budapest et Gödöllö.

Compte tenu des retards pris par la Commission en matière de propositions législatives, la présidence hongroise se voit affectée d'un travail relativement limité, mais à la portée importante. Elle mènera les travaux sur le plan d'action révisé sur l'efficacité énergétique, promis par la Commission pour le printemps prochain, et dont on peut s'attendre à ce qu'elle ne propose pas d'objectif contraignant, vu les résistances au Conseil. En matière de sécurité énergétique, la présidence hongroise attend de l'exécutif européen une communication sur l'approvisionnement et la coopération internationale, qui permettra au Conseil de jauger la dimension extérieure de la politique énergétique de l'UE et de définir les priorités de la coopération énergétique extérieure. Budapest initialisera aussi les travaux sur la modernisation et le renforcement des infrastructures, afin d'arrêter les priorités en matière d'interconnexions et de capacités électriques, gazières et pétrolières. Enfin, la présidence hongroise conduira les premiers travaux sur l'intégrité et la transparence du marché de l'énergie, lancés début décembre par la Commission pour mettre fin aux abus de marché, en recourant à l'aide de l'Agence de coopération des régulateurs de l'énergie (ACER).

Très attendu, le Conseil européen sur l'énergie du 4 février, premier du genre convoqué à l'initiative d'Herman Van Rompuy, permettra aux dirigeants européens de donner un élan politique important aux efforts visant à relever les défis en matière d'investissement dans les infrastructures énergétiques, comme ceux relatifs au développement futur des technologies vertes et à la mise en place de cadres nouveaux et efficaces pour une coopération fiable, transparente et dûment réglementée avec les pays producteurs et les pays de transit.

Sécurité et efficacité énergétiques, Barroso déterminé. Outre la volonté d'aller de l'avant affichée par le président du Conseil européen, la présidence hongroise pourra aussi tabler sur la détermination du chef de l'exécutif européen, qui s'est montré très critique la semaine dernière sur le retard pris par l'UE au regard de son ambition de réaliser 20% d'économies d'énergie en 2020. « Il est réaliste de penser que nous atteindrons l'objectif de 20% pour les renouvelables, mais nous n'arriverons qu'à 10% pour l'efficacité énergétique si nous restons sur la base actuelle », a jugé M. Barroso, insistant sur l'énorme potentiel d'économies d'énergie dans les secteurs des transports et des bâtiments, tout en se montrant très hésitant sur l'idée d'imposer aux Vingt-sept des objectifs contraignants. En outre, s'impliquant personnellement dans la promotion du corridor gazier Sud et la réalisation du projet de gazoduc Nabucco, le président de la Commission se rendra la semaine prochaine en Azerbaïdjan et au Turkménistan « pour tenter d'[en] obtenir des engagements clairs ». (E.H.)

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