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Bulletin Quotidien Europe N° 10288
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/proche-orient

Mme Ashton réaffirme son « engagement » pour la paix

Bruxelles, 06/01/2011 (Agence Europe) - Catherine Ashton, responsable de la diplomatie européenne, a achevé sa visite de deux jours au Proche-Orient (mercredi en Israël et jeudi dans les territoires occupés). Elle y a rencontré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, le ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman, celui de la Défense Ehud Barak, ainsi que la chef de file du parti d'opposition Kadima, Tzipi Livni. Du côté palestinien, ses interlocuteurs ont été le président Mahmoud Abbas et le Premier ministre Salam Fayyad. Elle s'est rendue, entre autres, à Bethléem, à l'église de la Nativité. « Ce voyage, le premier de l'année 2011, témoigne de mon engagement personnel et de celui de l'UE et de ses 27 États membres pour la paix » dans cette région, a-t-elle indiqué, dans un communiqué publié à la fin de sa visite.

« Mes entretiens ont porté sur le moyen de sortir de l'impasse actuelle », a ajouté Mme Ashton, qui a rappelé à ses différents interlocuteurs la position des 27. Dans cet esprit, elle a exhorté les deux parties à reprendre leurs négociations par des « discussions substantielles » pour une « issue finale », répétant qu'il n'y a pas d'autre alternative. « L'UE est prête à faire tout son possible » pour les aider à renouer leur dialogue. Les négociations de paix avaient été relancées le 2 septembre à Washington après une suspension de 20 mois. Elles ont cependant été suspendues à nouveau trois semaines plus tard, les Palestiniens exigeant la prolongation d'un moratoire de la colonisation israélienne, à laquelle Israël s'est refusé.

Mme Ashton a également évoqué la situation à Gaza, « qui demeure au cœur de mes préoccupations », a-t-elle affirmé. Et elle a de nouveau appelé « à la réouverture des points de passage » pour l'acheminement de l'aide humanitaire. Elle a plaidé pour un bon fonctionnement des écoles et pour l'amélioration des conditions de vie de la population. Se félicitant des récentes mesures israéliennes assouplissant la circulation vers et depuis la bande de Gaza, Mme Ashton a appelé à faire plus pour y permettre la reconstruction et la reprise de l'activité économique.

Elle propose une réunion à bref délai du Quartette, qui pourrait se dérouler en marge de la Conférence sur la sécurité qui aura lieu début février à Munich. Elle a également annoncé que l'UE réunira en avril à Bruxelles, sous son égide, une réunion de AHLC (Ad Hoc Liaison Committee for the coordination of assistance to the Palestinians) pour préparer la réunion, la deuxième, des pays donateurs, qui est envisagée pour le printemps prochain.

Cette visite conduit à se poser la question de ce que peut faire l'UE dans ce processus, où même les Américains paraissent avoir baissé les bras, alors qu'elle ne semble pas concevoir d'y jouer un rôle direct, si ce n'est sous l'égide du Quartette. Les Palestiniens répètent pourtant à l'envi que l'Europe a un rôle à jouer notamment dans la perspective de la proclamation d'un État souverain jouissant de la bénédiction de la communauté internationale. Le 13 décembre dernier, les ministres européens des Affaires étrangères avaient réaffirmé qu'ils étaient prêts à reconnaître cet État mais « lorsque ce sera approprié », sans parvenir à s'entendre sur des pressions plus fortes pour faire sortir les négociations de paix de l'impasse. L'UE se borne pour l'heure à une pétition de principe contre la poursuite de la politique de colonisation et le blocus contre Gaza, sans pouvoir ou vouloir aller au-delà au risque de se retrouver dans une situation embarrassante.

Cet embarras paraît se retrouver dans le silence absolu imposé à Bruxelles après la réception par Mme Ashton d'un rapport des consuls généraux européens à Jérusalem-Est, dont nul détail n'a été publiquement révélé. Selon nos sources, toutefois, les consuls généraux se seraient livrés à un état de la situation accablant qui démonterait le « double jeu » israélien, dont le gouvernement se serait engagé dans une annexion silencieuse de la partie palestinienne de la ville au mépris des recommandations de la communauté internationale. Une des recommandations faites par les diplomates européens sur place serait de multiplier les manifestations à Jérusalem-Est pour marquer leur refus de l'isoler de la Cisjordanie, comme semble vouloir le faire Israël. Selon ces commentaires, l'UE ne pourrait rendre publiques les conclusions de ce rapport sans réagir, ce qu'elle ne peut envisager compte tenu de la diversité des opinions parmi les 27 États membres.

Pendant que Mme Ashton effectuait sa visite, la Commission a annoncé avoir versé 4 millions d'euros pour les salaires et pensions des 85.000 fonctionnaires de l'Autorité palestinienne pour le mois de janvier. Cette assistance directe au fonctionnement de la structure palestinienne coûte à l'UE 500 millions d'euros par an. (F.B.)

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