Bruxelles, 06/01/2011 (Agence Europe) - Lors d'une conférence sur l'agriculture à Oxford, au Royaume-Uni, un pays où les politiques au pouvoir demandent une élimination progressive des subventions agricoles aux exploitants, Dacian Ciolos a dit qu'il croyait que les paiements directs de la politique agricole commune (PAC) « devraient certainement être maintenus » à l'avenir. Il a défendu aussi le maintien après 2013 d'un budget fort pour la PAC.
« Oui, les paiements directs peuvent offrir plus en termes de biens publics qu'ils ne le font aujourd'hui. Mais leur rôle de soutien au revenu est un must », a déclaré jeudi 6 janvier le commissaire européen à l'Agriculture. Il a concédé que des mesures sont nécessaires pour rendre le système des aides plus compréhensible et plus crédible auprès des contribuables, en parvenant à des règles identiques applicables partout.
Le commissaire a rappelé que plus de 90% des aides agricoles européennes sont désormais découplées de la production et qu'en 2010 les subventions à l'exportation ont été bien inférieures à 1% du budget de la PAC. Ce sont les marchés surtout qui guident les décisions en matière de production, et pas les subventions européennes. Grâce aux réformes successives, « il y a donc eu un changement fondamental dans la PAC pour la rendre sensible au marché », a expliqué Dacian Ciolos, en ajoutant qu'il faut partir de là pour bâtir l'avenir. « Une fois de plus, nous sommes engagés dans un processus de réforme fondamentale de la politique agricole commune ». La communication de la Commission (du 18 novembre dernier) sur la réforme sera discutée le 24 janvier par les ministres européens.
Sur les objectifs de la réforme, M. Ciolos a expliqué que la production d'aliments est « l'objectif numéro un » de l'agriculture et des agriculteurs. Mais il serait, selon lui, « réducteur » de limiter la PAC à cette fonction. « La PAC doit aussi aider les agriculteurs à préserver nos ressources naturelles et maintenir les campagnes où les gens souhaitent vivre.
Enfin, le commissaire a rappelé que la Commission œuvre à améliorer les performances environnementales de la PAC, en incitant les agriculteurs à appliquer des méthodes de production qui préservent les ressources naturelles. (L.C.)