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Bulletin Quotidien Europe N° 10288
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/bÉlarus

La présidence pour un message clair à l'adresse de Minsk

Bruxelles, 06/01/2011 (Agence Europe) - Janos Martonyi, le ministre hongrois des Affaires étrangères qui préside en ce moment le Conseil Affaires générales, est « personnellement » favorable à ce que l'UE introduise de nouvelles sanctions contre les dirigeants du Bélarus en réaction aux abus commis lors des élections du 19 décembre. L'UE doit envoyer un « message politique très clair » à Minsk et l'adoption de nouvelles sanctions dirigées contre l'élite politique - mais pas contre le peuple biélorusse - pourrait constituer un message fort, a dit M. Martonyi devant les journalistes européens en visite à Budapest le 5 janvier. Le jour avant, le ministre des Affaires étrangères de la Suède, Carl Bildt, n'a pas exclu que le président Loukachenko puisse figurer lui-même sur la liste des personnes interdites de circuler dans l'UE (EUROPE n° 10286). Varsovie a pour sa part redoublé ses efforts de soutien à l'opposition et à la société civile.

Les Vingt-sept procéderont, ce vendredi 7 janvier, au premier examen du rapport du chef de la délégation de l'UE à Minsk, José Manuel Pinto Teixeira, sur les mesures à prendre à l'égard du régime biélorusse. Demandé par l'UE le 23 décembre, le rapport recommande entre autres de lever la suspension actuelle des sanctions imposées aux visas des dirigeants biélorusses, décidée en 2008 (EUROPE n° 9842). L'extension de la liste des sanctions à d'autres personnes ou le gel des avoirs des dirigeants pourraient être des mesures supplémentaires décidées par les Vingt-sept, qui prendront la décision au plus tard au Conseil « Affaires étrangères » du 31 janvier. Il serait prématuré de parler à ce stade d'unanimité entre les États membres quant aux mesures à prendre face aux excès du régime. La Suède et l'Allemagne sont les tenants d'une politique plus sévère.

Selon des diplomates européens, l'intervention musclée de la part des autorités contre les opposants réunis dans une manifestation pacifique après le scrutin du 19 décembre est survenue au moment où il était apparu que la victoire du président sortant n'était pas garantie. L'OSCE a ouvertement remis en cause la validité du scrutin, suite aux irrégularités constatées au cours du vote, ce qui a valu la fermeture de ses bureaux (EUROPE n° 10286). Environ 700 personnes sont actuellement en prison et risquent des peines administratives (allant jusqu'à maximum 15 jours). Une trentaine de personnes arrêtées (26-33), parmi lesquelles les principaux dirigeants de l'opposition, risquent toutefois des peines plus lourdes, relevant du droit pénal. Il s'agit, selon la délégation de l'UE à Minsk, non seulement de faire en sorte qu'ils soient relâchés mais aussi soustraits à toute accusation tombant sous le coup du code pénal (article 293). Il s'agit également d'assurer immédiatement un accès aux prisonniers parmi lesquels plusieurs sont blessés, selon les diplomates européens, qui font valoir que l'avenir des relations entre le pays et l'UE dépendra en grande partie des avancées dans ce domaine. (H.B./A.By.)

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