Bruxelles, 22/12/2010 (Agence Europe) - La Task Force Rom a présenté, mardi 21 décembre au Collège des commissaires, une première évaluation de l'utilisation des Fonds de l'UE par les États membres pour l'intégration économique et sociale des Roms. Un premier constat: alors que les Fonds européens offrent un potentiel considérable pour doper l'inclusion des Roms, des goulets d'étranglement aux niveaux national, régional et local en empêchent une utilisation efficace par les États membres. La Task Force poursuivra son travail pour voir quels sont les moyens d'améliorer la façon d'utiliser les Fonds. Les résultats feront partie d'un cadre européen pour des stratégies d'intégration des Roms, lequel sera présenté par la Commission au printemps 2011 pour discussion au Parlement européen et au Conseil.
Premiers résultats: Les États membres n'utilisent pas correctement l'argent européen lorsqu'il s'agit d'intégration économique et sociale des Roms. Il existe des faiblesses dans le développement de stratégies adéquates et des mesures spécifiques pour s'attaquer aux problèmes auxquels sont confrontés les Roms. La mise en œuvre au niveau national est problématique à cause du manque de know-how et de capacité administrative pour absorber les Fonds. Il existe également des problèmes lorsqu'il s'agit de contribution nationale au cofinancement et du manque d'engagement de la société civile et des communautés Roms elles-mêmes.
La gestion de la masse des Fonds européens attribués à l'intégration des Roms est partagée entre les États membres, notamment via le FSE (Fonds social européen), le FEDER (Fonds européen de développement régional) et le FEADER (Fonds européen pour l'agriculture et le développement régional). Dans une note, la Commission rappelle qu'en mai 2010, l'UE a octroyé des fonds régionaux pour améliorer le logement des communautés marginalisées dans les zones rurales. Et comme c'est chaque fois le cas avec des Fonds européens, il revient aux États membres et aux autorités de gestion de présenter des projets viables. Ce n'est pas à la Commission de proposer des projets, insiste-t-elle dans sa note.
Prochaines étapes. En bref: la Task Force Rom déterminera comment améliorer concrètement l'efficacité des Fonds européens dans les États membres. Ces approches seront intégrées dans un
cadre européen pour les stratégies nationales d'inclusion des Roms que la Commission adoptera au
printemps 2011.
Nouvelle étude sur les projets des États membres en matière d'inclusion sociale. Ce mardi, la Commission a également présenté une étude qui analyse les mesures nationales d'inclusion des Roms dans dix-huit États membres. Cette étude identifie également une série d'approches politiques réussies. Elle fait valoir que des approches politiques intégrées dont l'objectif est d'attaquer les causes multiples de l'exclusion sociale des Roms sont la meilleure garantie de succès pour améliorer leur situation
en Europe.
Les facteurs de réussite sont: (1) une coordination efficace des politiques entre gouvernements nationaux, et entre les échelons régional et local. À titre d'exemples: les mécanismes de coordination mis en place en Espagne et la stratégie nationale pour les Roms en Hongrie ; (2) des programmes durables avec des budgets multinationaux pour garantir la continuité des résultats. Exemple: le programme de formation ACCEDER qui a déjà permis à 25 000 personnes de trouver un emploi sur une période de 9 ans dans 28 localités en Espagne ; (3) la participation efficace et la consultation des Roms, comme l'assurent l'Autriche et l'Irlande via des organismes consultatifs pour les Roms et les gens du voyage, la Roumanie dont le Parlement comprend un membre représentant les communautés Roms, la Slovénie dont les municipalités avec des populations Roms ont un conseiller Rom ; (4) des données fiables et une évaluation des résultats, comme le fait la Slovaquie pour la santé et les conditions de vie. (G. B.)