Bruxelles, 22/12/2010 (Agence Europe) - Pour concrétiser l'engagement pris début novembre à Séoul par les dirigeants du G20, les 153 pays membres de l'OMC sont déterminés à donner un coup d'accélérateur début 2011 aux laborieuses négociations multilatérales du round de Doha, en vue de conclure en fin d'année prochaine des pourparlers lancés une décennie passée. En parallèle à des discussions techniques qui passeront à la vitesse supérieure au premier trimestre à Genève, des signaux de la volonté politique de boucler le round sont attendus au mois de janvier. À la veille du Forum de Davos fin janvier, une réunion des acteurs majeurs du G-5 à l'appel de Karel De Gucht sera un premier test.
Saisir la chance offerte par la volonté américaine d'aboutir. En marge du Conseil économique transatlantique du 17 décembre à Washington, le commissaire européen au Commerce Karel De Gucht s'est dit confiant de la volonté des États-Unis de définitivement boucler le round de Doha. « Il devient clair pour nous que les États-Unis veulent vraiment faire Doha », a-t-il indiqué lors d'un séminaire du Peterson Institute, en référence aux assurances qu'il a obtenues lors du sommet UE/États-Unis fin novembre à Lisbonne. « Il est très difficile de s'engager lorsque l'on n'est pas certain de la volonté d'aboutir de ses partenaires », a ajouté M. De Gucht. Selon lui, cette nouvelle donne devrait faciliter les discussions à venir, en vue de conclure le round d'ici fin 2011. Conscient qu'une relance accélérée des négociations, en réponse à l'appel du G20, dépend en premier lieu de la volonté politique des grands acteurs du round, M. De Gucht entend réunir à Bruxelles, probablement autour du 20 janvier, soit à la veille du Forum économique mondial de Davos, les ministres du Commerce du G-5 (UE, États-Unis, Chine, Brésil et Inde), plus ceux de l'Australie et du Japon, pour tester la volonté commune d'aboutir.
Lamy appelle les négociateurs à sortir de leur zone de confort. De son côté, le directeur général de l'OMC Pascal Lamy veut lui aussi donner un coup d'accélérateur à des négociations qui, si elles progressent au plan technique, restent dans l'impasse au plan politique depuis l'échec de la réunion ministérielle de Genève en juillet 2008. « À ce stade, il ne suffit plus d'avoir des répondeurs autour de la table. Il nous faut maintenant avoir des négociateurs prêts à sortir de leur zone de confort pour parvenir à un accord » sur l'ensemble des sujets couverts par le round de Doha, a averti M. Lamy devant le Conseil général de l'OMC le 14 décembre. « Personne ne peut plus se fixer de ligne rouge a priori. Tous les membres doivent être en mesure de s'engager quant au fond sur une base 'sans préjudice', dans le cadre de l'engagement unique », a-t-il insisté. Outre un élan politique confirmé à Davos fin janvier, le patron de l'OMC table sur de nouveaux textes de compromis révisés dans tous les chapitres de la négociation - agriculture, produits manufacturés (NAMA), services - pour la fin du premier trimestre 2011. Médiateur à l'OMC sur le dossier le plus sensible, l'agriculture, dans lequel reste en particulier à régler la question du mécanisme de sauvegarde spéciale pour les pays en développement, l'ambassadeur néo-zélandais David Walker a donné rendez-vous aux délégations à la mi-janvier à Genève. M. Walker vise un accord définitif en matière agricole vers le mois de juin, ce qui laisserait six ou sept mois aux pays membres pour traduire leurs dispositions en engagements. (E.H.)