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Bulletin Quotidien Europe N° 10282
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/transport

La Commission va réunir les responsables des aéroports

Bruxelles, 21/12/2010 (Agence Europe) - Alors que des milliers de passagers restaient bloqués dans les gares et aéroports européens à cause des perturbations persistantes du trafic causées par les chutes de neige, la Commission européenne a annoncé, mardi 21 décembre, la convocation imminente d'une réunion avec les responsables des aéroports d'Europe. La situation « est inacceptable » et « ne devrait jamais se reproduire », a déploré le commissaire aux Transports Siim Kallas par la voix de sa porte-parole. La faute, avance la Commission, en incombe aux aéroports. Ils doivent désormais « prendre au sérieux » les conditions extrêmes et les inclure dans les plans d'urgence. L'infrastructure disponible pour les compagnies aériennes - à savoir les créneaux horaires et les services en escale - « semble être à ce stade, un maillon faible de la chaîne, qui sous pression, contribue à des désordres sévères », a jugé M. Kallas. Le nouveau paquet aéroportuaire que la Commission devrait présenter avant l'été 2011 s'attaquera à ces défaillances du système, après des consultations avec le secteur.

La Commission compte aussi définir, si nécessaire, les « obligations minimales de service » fournies par les aéroports. La même démarche serait envisagée pour les gestionnaires de l'infrastructure ferroviaire, afin d'assurer d'un minimum de qualité et de services à n'importe quel moment. Le paquet aéroportuaire, actuellement en cours de préparation, pourrait inclure des mesures qui imposeraient aux aéroports un niveau minimum pour les services en escale, a indiqué Helen Kearns, la porte-parole de M. Kallas. Elle a toutefois précisé que la Commission attendait toutefois la réunion avec les dirigeants d'aéroports pour déterminer quelles sont les lacunes et les réponses à y apporter.

Mardi, après six jours consécutifs de mauvais temps, l'aéroport de Londres Heathrow et l'aéroport de Francfort apparaissaient comme les deux principaux centres du chaos. 139 arrivées et 136 départs du principal aéroport allemand ont été annulés mardi, surtout des liaisons nationales et des destinations en Europe. Les vols à longue distance devaient être maintenus. L'aéroport de Heathrow a annoncé pour sa part être en mesure d'opérer 30% des vols prévus normalement jusqu'à mercredi à 6 heures du matin. Les autres aéroports européens ont progressivement rouvert leurs pistes mais les opérateurs ont averti qu'un retour à la normale serait difficile avant le Noël.

Le secteur prend en main les passagers. La Commission a appelé mardi tant les passagers que les compagnies aériennes à la retenue et à la compréhension réciproque: les passagers pour qu'ils comprennent
« les difficultés des transporteurs » et les « transporteurs pour (qu'ils prennent) au sérieux leur obligation de prise en charge » des passagers. Le secteur a commencé dès mardi à s'organiser lui-même. Les passagers bloqués à l'aéroport belge de Zaventem à destination du Royaume-Uni devaient être rapatriés, dès mardi après-midi vers l'Angleterre par bateau et par bus. L'aéroport allemand de Francfort a fait appel aux « clowns » pour divertir environ 1000 passagers bloqués dès dimanche. L'Allemagne et la Suisse ont mis en place un système d'échange des billets pour les trajets nationaux: les passagers dont les vols ont été annulés pouvaient obtenir en contrepartie un billet de train pour la même destination. L'aéroport de Charleroi, la deuxième aérogare de Belgique, a conseillé aux passagers de se rendre à l'aéroport trois heures avant le départ de l'avion, alors qu'un communiqué publié par Lufthansa, sur le site de l'aéroport de Zaventem, recommandait aux passagers au départ de Bruxelles de se rendre à Francfort en voiture ou en train. Au Royaume-Uni, en cas d'annulation de vol, les opérateurs proposaient aux passagers de s'occuper personnellement de la réservation de nuits d'hôtel et garantissaient le remboursement des frais (limités à 150 livres pour les hôtels), des repas et des taxis. La plupart des aéroports ont toutefois insisté pour que les passagers prennent contact directement avec les compagnies aériennes avant de se rendre à l'aéroport.

Du côté des chemins de fer, la CER (Communauté des chemins de fer européens) a fait valoir que la plupart des liaisons internationales pouvaient être réalisées en dépit des mauvaises conditions météorologiques. En France, la SNCF a annulé moins d'un pour cent des liaisons à grande vitesse et les retards ne dépassaient pas généralement une heure. Certaines compagnies ferroviaires ont mis en place des lignes d'appels urgents gratuites pour leurs clients. Eurostar, qui, suite aux limitations de vitesse (deux heures supplémentaires pour chaque trajet), n'a pas pu mettre en circulation l'ensemble des trains prévus, a demandé à ses clients de modifier leur réservation si le voyage n'était pas indispensable. Mardi, dans l'après- midi, la situation ne semblait guère meilleure: l'opérateur ferroviaire mettait en garde contre des délais d'attente très longs qui dépasseraient trois heures.

Peu de réactions de la part des organisations de protection des droits de consommateurs. Face à ce chaos, la voix des associations européennes de protection des droits des consommateurs a peu porté. Le BEUC (Organisation européenne des consommateurs) a en particulier insisté sur le droit à l'information, en conseillant aux passagers de demander tous les renseignements via le service d'information central Europe Direct (le centre peut être joint par téléphone tous les jours de la semaine au 00 800 67 89 10 11). Les associations britanniques ont critiqué l'application inadéquate des droits des passagers, et ont mis en place leur propre centre d'informations sur le trafic ferroviaire national. La Fédération européenne des passagers (EPF) a aussi indiqué avoir peu d'informations sur les plaintes déposées par des passagers. Elle a en revanche insisté sur la nécessité d'examiner précisément la différence entre retard ou annulation pour cas de force majeure - qui dispense les opérateurs du paiement des compensations - et la situation actuelle. Clairement, tant pour EPF que pour la Commission européenne, les chutes de neige actuelles ont été prévisibles. Il reviendra aux autorités nationales de se prononcer sur cette question. À ce stade toutefois, 14 des 25 États membres de l'UE qui détiennent le réseau ferroviaire ont profité d'exemptions prévues à cet égard par la législation européenne pour les liaisons ferroviaires nationales (EUROPE n° 9450). (A. By.)

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