Bruxelles, 21/12/2010 (Agence Europe) - « L'Algérie vient d'introduire une demande auprès de l'Union européenne portant sur une révision du rythme de démantèlement des dispositions tarifaires et douanières relatives à l'Accord d'association entre les deux parties », a annoncé dimanche le ministre du Commerce, Mustapha Benbada, cité par l'agence de presse nationale APS. Cette demande concerne essentiellement le report à 2020 du délai de démantèlement total des barrières au lieu de 2017, initialement prévu dans le cadre de l'Accord d'association entré en vigueur le 1er septembre 2005, a indiqué M. Benbada à la presse. Il propose de décaler les dates butoirs du démantèlement progressif et final, initialement prévues en 2012, 2015 et 2017 à respectivement 2015, 2017 et 2020.
Il a indiqué par la même occasion que « les discussions avec l'UE portent aussi sur l'introduction d'une liste négative de 1740 produits industriels, destinés dans leur majorité à la consommation finale et de 36 produits agricoles et agro-industriels ». La même liste négative sera proposée dans des discussions au sein de la Zone arabe de libre-échange (ZALE). Cette démarche générale envers les partenaires étrangers serait une mesure de sauvegarde du tissu national d'entreprises: « Cette démarche devrait permettre d'accorder une phase de transition supplémentaire à nos entreprises pour se préparer à l'ouverture », a expliqué le ministre aux journalistes algériens. À son avis, « lever les barrières douanières tuerait le produit 'made in Algeria' ». En outre, le risque serait d'affecter le niveau de perception des recettes fiscales et douanières: « les pertes des recettes douanières se sont élevées à 2,5 milliards de dollars entre 2005 et 2009 et atteindront 8 milliards de dollars d'ici à 2017 ». Selon M. Cherif Zaâf, directeur général du commerce extérieur au ministère du Commerce, « sur chaque dollar exporté vers l'UE, l'Algérie importe 20 dollars ». (F.B.)