Bruxelles, 16/12/2010 (Agence Europe) - Je suis « motivée » à « essayer de faire avancer la relation UE/OTAN » mais « je suis consciente que la Turquie joue un rôle important » et que « je représente 27 États membres », a déclaré, le 15 décembre, devant le Parlement européen, le Haut représentant pour l'UE, Catherine Ashton. S'agissant du différend qui, depuis des années, oppose Chypre et la Turquie, elle a précisé que dans son action, elle recherchera en particulier « les modalités pratiques et pragmatiques » de la collaboration entre l'UE et l'OTAN pour voir comment « on peut soutenir nos troupes sur le terrain ». La coopération en matière de capacités est sans doute « une zone de progrès », a-t-elle dit avant un débat au Parlement européen et en présentant aux députés les résultats du Sommet de l'OTAN à Lisbonne. « Nous devons examiner avec attention ce que nous faisons nous-mêmes » pour « s'assurer qu'il y a de la complémentarité et non de la duplication », a-t-elle toutefois prévenu alors que la plupart des députés se montraient assez critiques par rapport à « l'européisation » de l'OTAN.
« Je partage votre avis sur le Sommet de Lisbonne qui a accouché d'un nouveau concept stratégique globalement satisfaisant », mais « il faut quand même reconnaître (…) que le parent pauvre de ce texte, c'est la relation Union européenne-OTAN », a déploré Arnaud Danjean (PPE, français), le président de la sous-commission « Défense et Sécurité » du PE. S'agissant de la complémentarité, elle est « essentielle et doit être intelligente », mais « je ne voudrais pas que la complémentarité devienne un absolu dans lequel l'Union européenne deviendrait la Croix-Rouge d'une force armée qui serait l'OTAN », a-t-il indiqué. L'UE doit garder ses capacités militaires, ses ambitions militaires et une ambition en matière de PSDC, a insisté M. Danjean. L'UE a beaucoup fait pour la résolution pacifique des conflits, maintenant l'OTAN veut s'y mettre aussi ; voudra-t-elle aussi faire du développement, a ironisé l'Allemand Reinhard Bütikofer (Verts/ALE). Son compatriote du PPE Michael Gahler a proposé de « mutualiser » les capacités entre l'UE et l'OTAN. L'OTAN est un pont entre l'Europe et les États-Unis et a encore un grand rôle à jouer, selon le Britannique Charles Tannock (ECR), mais en évitant les doubles emplois, comme par exemple avec l'opération Ocean Shield qui fait double emploi avec l'opération Atalanta (opération navale de l'UE contre la piraterie) en ce qui concerne la Somalie. La Portugaise Marisa Matias (GUE/NGL) a déploré quant à elle le comportement de son gouvernement qui a empêché lors du Sommet toute protestation, même pacifique, vis-à-vis de l'OTAN. « Les deux institutions se rapprochent, pourquoi ne pas en tirer parti », s'est interrogé pour sa part le Polonais Jacek Saryusz-Wolski (PPE), en précisant que l'UE devait jouer « le rôle d'un chef de file pour améliorer la relation ». (A.By./L.G.)