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Bulletin Quotidien Europe N° 10279
CONSEIL EUROPÉEN / (eu) pe/conseil europÉen

Position des groupes politiques

Bruxelles, 16/12/2010 (Agence Europe) - Alors que le Parlement européen réclame de la part des chefs d'État et de gouvernement un langage clair dans les débats visant l'adoption des mécanismes de protection de la zone euro, notamment en ce qui concerne les eurobonds (EUROPE n° 10278), les groupes politiques ont publié leur position. Cette fois-ci, seul le PE a organisé un Sommet des chefs de ses partis.

. PSE - S&D (Alliance progressiste des socialistes et démocrates): dans un communiqué conjoint, le groupe des Socialistes européens (PSE) et le Groupe des Socialistes et Démocrates (S&D) appellent à l'adoption urgente d'euro-obligations (« eurobonds ») et d'une Agence de stabilité européenne. C'est « le GPS dont le vaisseau eurozone a désespérément besoin ». Les eurobonds permettront de remplacer les dettes nationales par un système européen d'emprunt collectif plus stable et plus sûr (« L'Europe qui adopte une position unie est plus forte que la somme de ses États »), expliquent les socialistes européens pour qui c'est la solution adéquate en l'absence de réponses nationales valables sur le marché financier international. Par ailleurs, ils appellent à la mise sur pied d'une agence de stabilité européenne chargée de la gestion des eurobonds. Les déclarations de la France et de l'Allemagne à propos des eurobonds et de la fiscalité européenne ont mené à une incertitude exploitée par les marchés spéculatifs dénoncent encore Poul Nyrup Rasmussen (Danois), président du PSE, et Martin Schulz (Allemand), président du S&D. Ils invitent dès lors le Conseil européen à agir plutôt que d'écouter les conservateurs afin « d'éviter de louper encore une opportunité pour enfin surmonter la crise ; il faut agir plutôt que réagir ».

. ADLE (Alliance des Démocrates et des Libéraux pour l'Europe): le président de l'ADLE, le Belge Guy Verhofstadt a également lancé un appel aux chefs d'État et de gouvernement afin qu'ils mettent un terme aux discordes et dissensions qui ont marqué cette année 2010 et répondent à la crise obligataire de la zone euro par l'unité et la solidarité. Soulignant que « les mesures temporaires ne sont pas à la hauteur », M. Verhofstadt recommande l'adoption de quatre mesures précises pour endiguer la contagion: 1) un pacte de stabilité et de croissance renforcé et énergique ; 2) un fonds de crise illimité et permanent ; 3) un marché d'euro-obligations qui distingue la dette classique de la dette subordonnée ; 4) une véritable convergence économique et fiscale. Par ailleurs, la gestion permanente de la crise et la stabilité économique étaient au centre des discussions du déjeuner du groupe ELDR (Parti européen des libéraux, démocrates et réformateurs) jeudi 16 décembre. Le mécanisme de gestion de crise doit être adopté d'urgence afin de rassurer et de stabiliser les marchés, a souligné à cette occasion la présidente du groupe Annemie Neyts-Uyttebroeck (Belge). Elle se dit confiante que le Conseil européen prendra les décisions adéquates.

. Verts/ALE: Pour les Verts/Alliance Libre européenne, le mécanisme de stabilité permanent « vient bien trop tard » et il faut agir de manière urgente, y compris sur la restructuration de la dette et les euro-obligations, afin de répondre à la crise. Appelant les États membres - et en particulier la chancelière allemande Angela Merkel- à regarder au-delà de leurs intérêts nationaux, le co-président du Groupe des Verts Daniel Cohn-Bendit (France) a déclaré:
« Nous avons besoin de solides dispositions pour assurer la stabilité, mais cela doit aller de pair avec la solidarité. Ces mesures de solidarité doivent être suffisamment décisives et robustes pour décourager la meute de spéculateurs avides qui ont les yeux fixés sur l'euro ». Pour M. Cohn-Bendit, un système d'eurobonds est la manière la plus logique de soutenir la zone euro. La co-présidente des Verts/ALE Rebecca Harms (Allemagne) a ajouté que son groupe soutenait l'adoption d'un mécanisme de stabilité permanent tout en soulignant que 2013 serait bien trop tard pour son adoption. « Nous avons un besoin pressant de mesures d'urgence, y compris des dispositions pour restructurer la dette et une résolution, mais également des mesures pour prévenir la contagion », a-t-elle conclu.

. GUE: pour le président du Groupe de la gauche unitaire européenne, l'Allemand Lothar Bisky, les mesures que le Conseil européen est en voie d'adopter sont insuffisantes car elles ne s'attaquent pas aux racines de la crise mais plutôt aux symptômes, en regrettant que les citoyens aient à payer le prix fort pour une crise qu'ils n'ont pas provoquée. « Nous ne pouvons pas simplement nous livrer à du bricolage, un mécanisme permanent pour le maintien de la stabilité financière doit inclure des mesures pour réglementer les activités de marché plutôt que l'introduction d'une taxe sur les transactions financières et un engagement envers des normes sociales », a déclaré M. Bisky. Selon lui, les règles de la BCE doivent être changées afin que les pays puissent contourner les banques et obtenir un crédit direct. « Le Conseil a l'intention d'adopter un mécanisme permanent qui ne sauvera pas mais punira les États membres. Il plongera les États dans la récession, le chômage et annoncera l'abolition des conventions collectives et le traitement préférentiel pour les banques et les grandes entreprises », a renchéri le Grec Nikolaos Chountis.

. ECR: le président du Groupe des conservateurs et réformistes Timothy Kirkhope appelle les chefs d'État et de gouvernement à concentrer leurs efforts pour réformer leurs économies plutôt que de provoquer un nouveau débat institutionnel pour changer le traité. Selon M. Kirkhope, les sanctions à l'encontre des pays qui n'ont pas respecté le Pacte de stabilité et de croissance doivent être crédibles pour être efficaces. Les procédures pour éviter les déficits excessifs ont été mises en place au cours des dix dernières années, mais l'UE n'a pas réussi à les mettre en œuvre jusqu'au bout, estime-t-il. « Les priorités du Conseil européen doivent être les suivantes: arriver à un accord sur un nombre de mesures spécifiques et limitées afin d'aider les membres de la zone euro à s'entraider dans la crise actuelle (sans imposer aucun autre fardeau aux États membres qui ont choisi de rester en dehors) et ensuite de réaffirmer l'importance vitale de traiter la crise économique à long terme que nous affrontons: le risque d'un effondrement permanent de notre compétitivité économique ». (I.L.)

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