Bruxelles, 16/12/2010 (Agence Europe) - En adoptant jeudi 16 décembre à main levée le rapport de Laima Liucija Andrikienë (PPE, Lituanie), le Parlement européen s'est clairement prononcé en faveur d'une politique des droits de l'homme de l'UE forte et efficace qui soit une manière de fil conducteur pour ses politiques extérieures. Il s'agit là du message principal du premier rapport du PE sur les droits de l'homme rédigé après l'entrée en vigueur du Traité de Lisbonne. Les députés y épinglent plusieurs pays pour leur mauvais score en matière de droits de l'Homme, notamment la Chine, la Russie, l'Iran la République démocratique du Congo et Cuba.
Avec la mise en place du Service européen d'action extérieure (SEAE), le Parlement invite la haute représentante/vice-présidente de la Commission, Catherine Ashton, à veiller à ce que les thèmes des droits de l'homme et du renforcement de la démocratie deviennent « le fil conducteur qui guidera tous les domaines relevant de la politique extérieure de l'Union » et que « les droits de l'homme ne disparaissent pas de la structure ». Une direction spéciale consacrée aux droits de l'homme devrait être mise en place, estiment les députés, afin de s'assurer que les droits de l'homme soient véritablement au cœur des actions extérieures de l'UE. En outre, les députés demandent la création d'un poste de représentant spécial pour les droits de l'homme avec un mandat clair.
Les députés lancent par ailleurs un appel en faveur d'un moratoire mondial sur la peine de mort, épinglant au passage des pays comme la Chine, accusée d'être celui où les exécutions sont les plus nombreuses. Ils exhortent aussi Pékin à libérer les militants des droits de l'homme et le lauréat du prix Nobel de la paix 2010 Liu Xiaobo, immédiatement et sans condition.
Le Parlement estime aussi qu'un système de justice internationale efficace exige que le plus grand nombre possible d'États signent le Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI).
Il demande aussi que: - l'UE et ses États membres mobilisent tous les moyens politiques pour inciter l'Organisation des Nations unies à adopter rapidement une résolution appelant à un moratoire planétaire sur les mutilations génitales féminines ; - des clauses sur les droits de l'homme et la démocratie ainsi que des mécanismes efficaces de règlement des conflits soient prévus dans les accords commerciaux, notamment les accords de pêche, conclus entre l'UE et des pays tiers ; - les défenseurs des droits de l'homme soient protégés, notamment les Sahraouis sur le territoire du Sahara occidental.
Les députés invitent par ailleurs les autorités judiciaires russes à poursuivre l'enquête sur la mort le 16 novembre 2009 de l'avocat russe Sergey Magnitski et demandent aux États membres de l'UE d'aider les États-Unis par l'octroi du statut de réfugié à d'anciens détenus de Guantanamo.
Enfin, jeudi après-midi, en fin de session, les députés ont voté trois résolutions en matière de droits de l'homme: l'une sur la loi ougandaise 'Baharti' qui criminalise l'homosexualité et élargit la définition des actes homosexuels, l'autre sur la pratique de la bastonnade en Malaisie et la troisième sur la situation des réfugiés dans le désert du Sinaï tenus en captivité par des trafiquants. EUROPE reviendra sur ces trois résolutions. (Com-O.L.)