Bruxelles, 16/12/2010 (Agence Europe) - Alors qu'un accord tardif a pu être trouvé mercredi sur le budget 2011, la question du financement du projet de recherche de fusion nucléaire ITER devra être résolue à un stade ultérieur, les eurodéputés ayant décidé de repousser leur vote de crédits, car aucun accord n'a été conclu entre le Parlement et le Conseil. « En reportant le vote sur le financement d'ITER, les socialistes ont fait la preuve de leur irresponsabilité et de leur incohérence », dénoncent les députés PPE français Damien Abad, Michel Dantin, Gaston Franco, Françoise Grossetête et Dominique Vlasto. « Il est en effet irresponsable de se priver de 600 millions d'euros d'excédents budgétaires sur le budget européen 2010 pour financer ITER », ont-ils déploré. De leur côté, les socialistes Vincent Peillon et Sylvie Guillaume affirment au contraire ne vouloir en rien « enterrer » le projet ITER. « La décision de reporter le vote des crédits ne relève en rien d'une volonté de couper les vivres à ITER et ne menace aucunement le programme », ont-ils dit. « Et il est absolument faux de dire que cette décision prive ITER de 600 millions d'euros. Si la droite avait réellement voulu financer ITER, le Conseil et les parlementaires de droite auraient dès le début présenté un budget décent, et nous ne devrions pas aujourd'hui racler les fonds de tiroir », ont-ils ajouté. Ce report s'inscrit dans le cadre d'une négociation budgétaire plus large, entre le Parlement qui veut augmenter les capacités de l'Europe à financer l'innovation et la recherche, et plus largement la stratégie EUROPE 2020, sans attendre 2014, et les États qui refusent de donner à l'Europe les moyens de ses ambitions, précise la socialiste Estelle Grelier. « C'est d'ailleurs pour cela que tous les groupes politiques du Parlement européen ont jugé bon de voter le report pour faire pression sur le Conseil, à l'exception du PPE qui a plié face aux États et à Sarkozy ». « Nous soutenons ITER à 100%, mais nous refusons la politique du fait accompli du Conseil, qui refuse de donner au budget européen les marges de manœuvre nécessaires pour financer l'ensemble des priorités européennes », rappellent les socialistes. Pour la Verte Isabelle Durant, le report est plutôt une occasion de se réjouir. « Le report du méga projet ITER, qui mobilise et mobilisera des fonds beaucoup trop importants, ne nous attriste pas. Nous tenterons encore une fois de démontrer la gabegie financière qu'il représente dès qu'il reviendra sur la table de la commission des budgets du PE », a-t-elle conclu. (B.C.)