Bruxelles, 23/11/2010 (Agence Europe) - Le président de Géorgie, Mikhaïl Saakachvili, a exhorté l'UE à utiliser ses bonnes relations de partenariat stratégique avec Moscou pour faire pression sur la Russie afin qu'elle respecte l'accord de cessez-le-feu signé après la guerre d'été 2008 et qu'elle retire ses troupes de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie. En contrepartie, la Géorgie prend l'engagement unilatéral de ne « jamais » recourir à la force militaire mais seulement au dialogue politique et pacifique pour récupérer ces deux républiques illégalement occupées par la Russie, a déclaré M. Saakachvili devant le Parlement européen à Strasbourg le 23 novembre, le septième anniversaire de la 'Révolution des Roses' de 2003. « La Géorgie est engagée en faveur d'une solution pacifique. Elle promet de ne jamais avoir recours à la force pour repousser l'occupation russe et rétablir le contrôle sur les 20% de son territoire occupés par la Russie, même si la Charte des Nations unies nous le permettrait», a dit le president géorgien aux députés européens. En cas d'attaque sur les 80% restants de son territoire, elle fera évidemment usage de son droit à l'autodéfense, a-t-il précisé. Tbilissi est prête à entrer dans un « dialogue approfondi et global » avec Moscou. Mais la communauté internationale - l'UE et les États-Unis en tête - doit aider à créer les conditions pour un tel dialogue en signifiant à la Russie que son comportement en Ossétie du Sud et en Abkhazie (qui, avec le soutien de Moscou, ont autoproclamé leur indépendance) est « intenable », a affirmé M. Saakachvili. Le président géorgien a lancé une longue tirade contre l'ancienne Union soviétique et la Russie d'aujourd'hui, accusant l'armée russe de « nettoyage ethnique » sur le territoire géorgien.
'Destin européen' pour la Géorgie. M. Saakachvili n'a pas été très précis dans la description des ambitions européennes de son pays. « Nous ferons tout ce que nous pouvons pour atteindre notre destin européen », a-t-il dit sans toutefois affirmer que l'objectif stratégique à long terme est l'adhésion à l'UE. La Géorgie n'a cependant jamais caché ses ambitions ; elle estime être un pays européen ayant vocation à rallier un jour l'UE. Malgré l'histoire mouvementée et l'oppression connue sous l'URSS, « les Géorgiens n'ont jamais cessé de se sentir profondément européens », a-t-il dit. Tbilissi fait partie des pays bénéficiaires de la politique européenne de voisinage (PEV) ainsi que du 'Partenariat oriental'. En juillet de cette année, la Géorgie a en outre entamé des négociations avec l'UE en vue de conclure un accord d'association. Des pourparlers sur une zone de libre-échange pourraient être lancés « dans les mois à venir », a estimé M. Saakachvili. Un accord de facilitation des procédures de délivrance des visas a été signé le 17 juin dernier. Lundi 22 novembre, l'UE et la Géorgie ont par ailleurs signé un accord de réadmission des immigrés clandestins. (H.B.)