Bruxelles, 05/11/2010 (Agence Europe) - Le Royaume-Uni a réitéré vendredi sa position très ferme sur le budget européen 2011,appelant l'Union à faire preuve de discipline budgétaire au moment ou tous les États membres sont obligés de couper dans leurs dépenses publiques. « L'UE n'a aucun intérêt à se retrouver entièrement à l'opposé de l'opinion publique sur la question du budget », affirme le vice-Premier ministre britannique, Nick Clegg, dans le Financial Times du 5 novembre. L'UE doit faire face à la réalité, elle ne peut pas décider une hausse importante de son budget dans un « vacuum politique », estime l'ancien député européen libéral. Jusqu'à présent, 13 des 27 pays membres - Royaume-Uni, Allemagne, France, Pays-Bas, Suède, République tchèque, Danemark, Autriche, Finlande, Slovénie, Estonie, Italie et Malte - ont signé la lettre du Premier ministre britannique, David Cameron, demandant que le budget 2011 n'augmente pas de plus de 2,91% par rapport à 2010. Le Parlement européen, quant à lui, table sur une hausse de 6,2%. La procédure de conciliation entre le Conseil et le PE est en cours (EUROPE n°10250) ; un prochain trilogue avec la Commission est programmé pour le 8 novembre. Jeudi, le président du PE Jerzy Buzek a estimé que le PE était prêt au compromis à condition que le Conseil accepte en retour de financer des politiques créatrices d'emplois. « Le Parlement européen est prêt à un budget modéré, au compromis, mais en retour nous voudrions entamer une discussion très sérieuse sur l'avenir du financement des plus importantes politiques de l'UE notamment celles qui créent des emplois », a-t-il dit à l'AFP.
Révision du traité. M. Clegg confirme aussi que le gouvernement britannique soutient le projet, poussé notamment par l'Allemagne, de procéder à une révision du traité pour créer un mécanisme permanent de gestion de crise de la zone euro - pourvu que les modifications soient très limitées et qu'elles n'impliquent aucun transfert de souveraineté ou de compétences des États membres vers l'UE. Le Royaume-Uni ne peut pas être opposé à des mesures qui renforcent la zone euro « aussi longtemps que cela ne demande pas un transfert de compétences ou de ressources britanniques, ce qui n'est pas le cas », affirme le vice-Premier ministre britannique. D'un autre côté, Londres n'envisage pas non plus de profiter de cette nouvelle révision du traité pour réclamer que des compétences de l'UE soient renationalisées comme le souhaitent certains députés conservateurs (parti de David Cameron). « Nous n'allons pas rouvrir le débat sur le rapatriement des pouvoirs. Nous ne demandons pas de revenir en arrière. Nous restons là où nous sommes », rassure Nick Clegg.
« Inflation » de sommets européens. Enfin, le vice-Premier ministre britannique critique aussi indirectement le projet d'Herman Van Rompuy, le président permanent du Conseil européen, de réunir les chefs d'État et de gouvernement de l'UE quasiment tous les mois à partir de 2011. Cette « inflation des sommets » fait que les dirigeants finissent par « tourner en rond » dans des réunions à répétition, estime M. Clegg. (H.B.)