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Bulletin Quotidien Europe N° 10251
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/italie

Rome fustige les préaccords franco-allemands et propose un G6

Bruxelles, 05/11/2010 (Agence Europe) - L'Italie s'insurge contre l'habitude prise par l'Allemagne et la France de chercher à conclure des préaccords à deux sur tous les grands dossiers européens qu'ils essayent ensuite de faire approuver tels quels, ou légèrement modifiés, par leurs 25 partenaires au Conseil européen. Rome souhaite également être impliquée dans les consultations informelles destinées à préparer les grandes décisions et propose à cette fin la mise sur pied d'un 'G6', un 'groupe d'avant-garde' (Vanguard Group) composé des six plus grands pays de l'UE - Allemagne, France, Italie, Royaume-Uni, Pologne, Espagne. « Mettre sur la table des décisions précuites qui sont à prendre ou à laisser par les autres n'est pas acceptable pour des pays comme l'Italie et d'autres pays importants », affirme le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini, dans le Financial Times du 5 novembre. « Nous pouvons avoir des consultations mais pas des décisions précuites par Paris ou Berlin », ajoute M. Frattini. Le ministre italien faisait notamment référence à l'accord franco-allemand de Deauville sur la réforme de la gouvernance économique et la création d'un mécanisme permanent de gestion de crise de la zone euro, conclu par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel sans consultation avec la présidence belge de l'UE ou avec la Task Force de Herman Van Rompuy au moment même où les ministres des Finances de l'UE étaient réunis à Luxembourg pour discuter du même sujet. L'accord de Deauville a ensuite été entériné dans les grandes lignes par le Conseil européen du 28/29 octobre.

'Groupe d'avant-garde'. M. Frattini explique dans le FT que le groupe du 'G6' devrait constituer un 'mécanisme informel de consultation' qui pourrait être élargi à d'autres pays (outre les six mentionnés) selon le sujet discuté. Il est indispensable d'élargir les consultations au-delà du seul couple franco-allemand car l'Europe ne pourra devenir un acteur de poids sur la scène internationale « que si son leadership est collectif », explique M. Frattini.

Les propos du ministre italien risquent d'être fortement critiqués par les petits et moyens pays membres qui se retrouveraient exclus des consultations informelles et qui s'opposent fermement à l'émergence d'une sorte de 'directoire' des grands pays au Conseil européen. Le Parlement européen s'y oppose également. (H.B.)

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