Bruxelles, 05/11/2010 (Agence Europe) - L'Union européenne souhaite discuter, lors du prochain sommet du G20 de Séoul, les 11 et 12 novembre, des mesures de relance annoncées cette semaine par la Réserve fédérale américaine (Fed), a indiqué vendredi 5 novembre un responsable européen sous couvert de l'anonymat. La banque centrale américaine a décidé d'injecter massivement des liquidités en dollars dans le circuit économique, via le rachat d'obligations d'État, afin de soutenir la croissance fragile aux États-Unis.
« La décision - d'assouplissement quantitatif - de la Réserve fédérale américaine est une question importante qui devrait être discutée », lors du G20 à Séoul qui rassemble les grandes puissances industrialisées et émergentes de Séoul, a souligné cette source, citée par l'AFP. Cette mesure de la Fed a pour effet de diluer la valeur du billet vert, même si le responsable européen a dit ne pas croire que les États-Unis cherchent par ce biais sciemment à faire chuter son taux de change. L'euro a franchi dans la foulée le seuil de 1,42 dollar ce qui pourrait pénaliser les exportations européennes et la croissance.
L'Europe sera représentée au G20, d'une part, par les représentants de l'Union européenne, les présidents du Conseil européen Herman Van Rompuy et de la Commission José Manuel Barroso et, d'autre part, par les dirigeants des pays européens membres de ce forum, dont la France, le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne, la Belgique et les Pays-Bas. Selon la source européenne, « la manière dont cette question doit être discutée reste à définir »: de manière bilatérale avec l'administration américaine ou de manière multilatérale au sein du G20.
Cette source a fait valoir que les ministres des Finances du G20, lors de leur réunion préparatoire le mois dernier, s'étaient mis d'accord pour « prendre en compte » les risques que des décisions de politique économique ou monétaire prises au niveau national pourraient avoir sur les autres nations. « Au bout du compte (la décision de la Fed) pourrait ralentir la reprise en zone euro euro », via la hausse du taux de change de la monnaie unique, a dit le responsable européen. « Ceci doit être suivi de très près », a-t-il ajouté.
La décision de la Fed a suscité des critiques dans le monde, au moment où l'on craint une « guerre des changes » et des dévaluations compétitives entre grands pays. Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a estimé vendredi que les mesures de la Fed vont « poser des problèmes supplémentaires » au monde. Lui aussi entend aborder le sujet lors du prochain sommet du G20. Selon M. Schäuble, faire marcher la planche à billets pour soutenir la conjoncture « ne vaut plus rien ». La ministre française des Finances Christine Lagarde a aussi regretté que l'euro « porte le poids » de cette décision. (L.C.)