Bruxelles, 25/10/2010 (Agence Europe) - Catherine Ashton, haut représentant européen pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, a saisi les ministres des Affaires étrangères de l'UE d'une proposition destinée à régler transitoirement la désignation du co-président européen de l'UpM (Union pour la Méditerranée). L'information est rapportée par les médias espagnols, qui se réjouissent déjà de la perspective de voir l'Espagne succéder à la France pour occuper cette fonction. Elle est confirmée à Bruxelles par une source autorisée. Mme Ashton suggère que la fonction soit assumée pendant une période de un à deux ans par un État membre mandaté par le Conseil de l'UE. La formule donnerait le temps de s'accorder entre membres européens de l'UpM sur le mode de désignation au regard du Traité de Lisbonne en attendant que soit mis en place le service européen d'action extérieure (SEAE).
La déclaration de Paris (juillet 2008) adoptée par le 'sommet' fondateur comme aussi la déclaration des ministres des Affaires étrangères de l'UpM à Marseille en novembre de la même année sont restés vagues sur ce sujet tout comme sur la durée du mandat du secrétaire général et, même, sur la nature de l'institution en général: intergouvernementale ou liée aux institutions européennes.
La première réponse claire a été donnée le 19 octobre dernier en conclusion d'une étude juridique présentée par le Conseil de l'UE aux hauts fonctionnaires chargés de la politique euro-méditerranéenne réunis à Dubrovnik (Croatie). Il en ressort que l'UpM et son secrétariat général ne sont pas des institutions internationales autonomes, vu leurs textes fondateurs. Ces conclusions confirment l'avis selon lequel la structure doit être 'technique et légère' et ses compétences limitées à la coordination conceptuelle, financière et technique de projets communs. C'est ainsi que le programme de travail et le budget proposés par le secrétariat général ont été rejetés parce que jugés peu conformes à cette mission limitée et progressivement ramenés à des proportions plus modestes (de 14,5 millions d'euros dans la proposition initiale à un chiffre moindre que 6 millions d'euros, selon un récent 'tour de table', à Dubrovnik). Le budget ne sera de toute façon pas opérationnel tant qu'une clé de répartition des apports, communautaires européens et des 34 pays membres, n'aura pas été établie et que des versements n'auront pas été effectivement réalisés. Il faudra attendre le 18 novembre, à la veille du 'sommet' de Barcelone (s'il a lieu, les doutes liés à la situation au Proche-Orient, paraissant se renforcer) pour mieux savoir si l'UpM pourra se remettre en ordre de marche. Elle serait menacée de 'cessation de paiement' d'ici quelques semaines si un accord n'était pas réalisé sur le financement de ses structures communes.
Dans l'attente, des réunions sectorielles envisagées durant cet automne (agriculture et emploi) sont déprogrammées. Celles sur le commerce et l'éducation sont maintenues, mais leur report n'est pas exclu. Ce serait à la fois lié aux perspectives générales (affaiblissement de l'intérêt pour l'UpM, évoqué par des sources concordantes européennes et arabes, et dont témoigne la participation de plus en plus faible de représentants de pays) et au climat jugé peu encourageant du processus de paix au Proche-Orient. S'y ajoute, selon différents témoignages venant de part et d'autre, une ambiance psychologique qui semble créer un sentiment de malaise au sein du secrétariat général à Barcelone et dont il a été question lors des débats formels à Dubrovnik. (F.B.)