Bruxelles, 25/10/2010 (Agence Europe) - « La reprise économique étant encore fragile, les grandes économies mondiales doivent lever les mesures de restriction des échanges qui entravent la croissance. Nous devons supprimer ces obstacles, afin que l'économie mondiale se redresse. Le G20 devra endosser un rôle de chef de file sur cette question lors du sommet de Séoul (11-12 novembre - Ndlr). » C'est par cet appel que le commissaire européen au Commerce Karel De Gucht a commenté la publication, lundi 25 octobre, d'un rapport de la Commission qui déplore que les principaux partenaires commerciaux de l'UE aient mis en place plus de 330 mesures de restriction des échanges depuis le début de la crise financière et économique de l'automne 2008. En dépit de la reprise et contrairement aux engagements du G20, à peine 10% de ces mesures ont été supprimées entre-temps, notent les auteurs du rapport.
Ce rapport est le septième d'une série de comptes rendus élaborés par la Commission européenne sur les mesures de restriction des échanges que les principaux partenaires commerciaux ont adoptées depuis le début de la crise économique en 2008. Il porte sur trente partenaires commerciaux de l'UE et couvre la période de deux ans comprise entre octobre 2008 et septembre 2010. Les mesures décrites vont des barrières commerciales classiques, telles que les interdictions d'importation ou l'augmentation des droits de douane, aux politiques incitant à acheter les produits nationaux et autres politiques appliquées derrière les frontières. Le rapport indique que nombre de nouveaux obstacles deviennent rapidement des caractéristiques pérennes du système commercial mondial et qu'ils risquent d'entraver la reprise économique. Ses principales conclusions sont les suivantes: - entre mai et septembre 2010, les partenaires commerciaux de l'UE ont introduit 66 nouvelles mesures de restriction des échanges. Cela porte le nombre total de mesures entrées en vigueur depuis le début de la crise à 332. Par conséquent, la reprise économique en cours dans de nombreux pays ne s'est pas encore traduite par un revirement de la tendance à la création de nouvelles mesures de restriction des échanges mentionnée dans les rapports précédents ; - seulement 10 % environ des mesures prises dans le contexte de la crise ont été supprimées ou ont expiré. « Ce chiffre est en contradiction évidente avec les engagements de rectification de ces mesures formulés à plusieurs reprises par les dirigeants du G20 et confirmés lors du dernier sommet à Toronto », fait valoir la Commission ; - parmi les pays soumis à l'enquête, la Russie apparaît de nouveau comme le partenaire commercial ayant fixé le plus de mesures de restriction des échanges depuis le début de la crise. Cette tendance est accentuée par de récentes initiatives politiques prônant le remplacement des importations. L'Argentine, l'Indonésie et l'Afrique du Sud sont également désignées comme des pays particulièrement actifs en matière d'application de mesures de restriction commerciales ; - la politique d'incitation à l'achat de produits nationaux continue de susciter des préoccupations du fait des nouvelles mesures prises par le Brésil, qui s'ajoutent au nombre considérable de mesures existantes.
Le rapport concerne des mesures prises par les pays/territoires douaniers suivants: Afrique du Sud, Algérie, Arabie saoudite, Argentine, Australie, Bélarus, Brésil, Canada, Chine, Corée du Sud, Égypte, Équateur, États-Unis, Hong Kong, Inde, Indonésie, Japon, Kazakhstan, Malaisie, Mexique, Nigeria, Pakistan, Paraguay, Philippines, Russie, Suisse, Taïwan, Turquie, Ukraine et Viêt Nam.
Lors du sommet de Washington en novembre 2008, le G20 s'était volontairement engagé à ne pas introduire de nouvelles mesures protectionnistes contraires aux règles de l'OMC. Au sommet de Londres en avril 2009, les membres du G20 s'étaient engagés à rectifier les mesures qui avaient déjà été prises. Lors des sommets suivants, y compris lors du dernier sommet à Toronto en juin 2010, le G20 a prolongé la durée de ces engagements jusqu'en 2013 et a confié à l'OMC, l'OCDE et la CNUCED le mandat explicite de suivre l'évolution de la situation et d'en rendre compte publiquement chaque trimestre. Dans ce contexte, le rapport de l'UE complète l'exercice de suivi mené par l'OMC. (O.L.)