Bruxelles, 25/10/2010 (Agence Europe) - C'est une première: la Grèce a demandé à l'Union européenne, dimanche 24 octobre, de déployer des patrouilles de surveillance à la frontière gréco-turque, où un afflux sans précédent de migrants clandestins a été enregistré ces derniers mois. La Commission européenne a promis lundi 25 octobre de mettre tout en œuvre pour déployer ces équipes « le plus rapidement possible », a dit le porte-parole de Cecilia Malmström, la commissaire aux Affaires intérieures. Il a précisé qu'il s'agit de garde-frontières expérimentés des États membres. Ils seront armés, mais ne pourront faire usage de leurs armes qu'en cas d'auto-défense. Ils travailleront sous la responsabilité de l'État grec et ne pourront agir qu'en présence d'un représentant des autorités grecques et dans le respect des droits internationaux des migrants, a-t-il expliqué.
Conformément au règlement 863/2007 du 11 juillet 2007 instituant un mécanisme de création d'équipes d'intervention rapide aux frontières, l'Agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures des États membres de l'UE (FRONTEX) peut déployer, pour une durée limitée, une ou plusieurs équipes d'intervention rapide aux frontières sur le territoire de l'État membre demandeur. L'État membre sollicitant ce mécanisme devra faire face à une situation présentant un caractère « urgent et exceptionnel », comme « l'arrivée en certains points des frontières extérieures d'un grand nombre de ressortissants de pays tiers tentant d'entrer clandestinement sur le territoire de cet État membre ». Le directeur de FRONTEX doit prendre une décision « au plus tard cinq jours ouvrables après réception de la demande », selon le règlement.
« Un afflux massif de ressortissants de pays tiers tentant de pénétrer illégalement dans le pays avec l'objectif de gagner d'autres pays de l'UE est recensé quotidiennement à la frontière terrestre de la Grèce avec la Turquie », a indiqué la Grèce.
Coopération avec la Turquie ? La Commission a bien avancé avec la Turquie dans les discussions sur un accord de réadmission. Le Conseil doit encore entériner le texte de l'accord de réadmission, et « ce serait un instrument utile pour garantir la coopération de la Turquie dans la lutte contre l'immigration irrégulière à la frontière avec la Grèce », commente la Commission.
Et le partage du fardeau financier ? La Grèce est l'un des plus gros bénéficiaires des quatre fonds disponibles pour la gestion des flux migratoires. La Grèce reçoit: 18 millions d'euros du Fonds européen des réfugiés (période 2008-2013), 8 millions au titre du renforcement de la capacité de réception, 20 millions au titre du Fonds européen pour l'intégration des citoyens de pays tiers (période 2007-2013), 180 millions au titre du Fonds pour les frontières externes (2007-2013) et 97 millions au titre du fonds pour les retours (2008-2013). « Il y a déjà un engagement très fort de Commission pour aider la Grèce à faire face à une pression très forte et grandissante aux frontières de la Grèce », fait valoir la Commission.
Selon FRONTEX, plus des trois quarts des 40 977 personnes interceptées aux frontières de l'UE au cours du premier semestre 2010 entraient en Grèce, principalement en provenance de Turquie. Des règlements plus stricts ont incité de nombreux clandestins qui cherchaient à gagner l'Italie, l'Espagne ou Malte, à se reporter sur la Grèce. (L.C.)