Strasbourg, 21/10/2010 (Agence Europe) - Des députés issus des trois principaux groupes politiques au Parlement européen sont montés au créneau après l'allocution de Ban Ki-moon devant l'assemblée réunie en plénière à Strasbourg, mardi 19 octobre, pour critiquer le silence du secrétaire général de l'ONU face aux invectives du président iranien Mahmoud Ahmadinejad contre Israël, lors de son voyage au Liban la semaine passée. Le président iranien avait alors de nouveau prôné la « disparition » et l'« éradication » de l'État juif. « Jamais depuis la création de l'ONU en 1945, un de ses États membres n'avait explicitement et aussi régulièrement revendiqué la destruction d'un autre État membre. Dans tous les clubs, il existe un règlement. Si ce n'est dans sa Charte, la règle, l'usage au sein des Nations Unies, même entre pays en conflit, est de ne pas souhaiter, pire appeler, à la destruction d'un de ses membres », déplorent dans un communiqué conjoint le Français Jean-Marie Cavada (PPE), l'Espagnol Miguel Angel Martinez (S&D), le Néerlandais Thijs Berman (S&D), la Belge Frédérique Ries (ADLE) et le Français Jean-Luc Bennahmias (ADLE). Avant de poursuivre: « Le silence de Ban Ki-moon depuis plus de cinq jours est d'autant plus assourdissant que dans tout autre cas de figure, avec tout autre protagoniste, c'est le Conseil de sécurité, pas moins, qui aurait sans doute réagi. Les députés européens ont applaudi le secrétaire général de l'ONU, venu leur présenter les objectifs de l'organisation dans la lutte contre la pauvreté, la prolifération des armes nucléaires et le changement climatique. Mais [nous regrettons] ce silence qui se poursuit sur les propos du président iranien ». « Cette omission dans l'enceinte démocratique de l'UE qui se trouve être le premier bailleur de fonds du Proche- Orient pour aider à construire dans la paix deux États souverains, Israël et la Palestine, rappelle fâcheusement la surdité de la Société des Nations devant l'appel désespéré du Négus Haïlé Selassié, à la veille de l'invasion de son pays (l'Éthiopie, par l'Italie, NDLR) », concluent-ils, appelant M. Ban à « assumer ses responsabilités devant l'Histoire et condamner sans ambigüité cette dernière déclaration belliqueuse de M. Ahmadinejad ». (E.H.)