Bruxelles, 21/10/2010 (Agence Europe) - Le dissident cubain Guillermo Fariñas est le lauréat 2010 du 'Prix Sakharov pour la liberté de l'esprit' décerné chaque année par le Parlement européen. Il sera invité à participer à la remise du prix, le 15 décembre à Strasbourg. « Guillermo Fariñas était prêt à sacrifier et à risquer sa propre santé et sa vie pour faire pression en vue de faire changer les choses à Cuba », a déclaré le président du PE Jerzy Buzek en annonçant le nom du lauréat jeudi 21 octobre à Strasbourg. M. Fariñas, âgé de 48 ans, docteur en psychologie, journaliste indépendant et dissident politique, a été nommé au nom de tous ceux qui luttent pour la liberté et les droits de l'homme à Cuba, a dit M. Buzek. Il a effectué 23 grèves de la faim, la dernière jusqu'au 8 juillet 2010 quand La Havane a annoncé la libération de 52 prisonniers politiques.
Dans une première réaction, M. Fariñas a dédié le prix « au peuple cubain, aux prisonniers, à nos frères qui sont dans la rue et aux exilés ». « Le prix démontre que des gouvernements démocratiques et civilisés partout dans le monde, dans ce cas-ci les Européens, gardent un œil sur la situation des droits de l'homme à Cuba », a-t-il dit à Reuters. Avec ce prix, les Européens appellent le gouvernement cubain à améliorer la situation des droits de l'homme, estime le lauréat. L'opposition cubaine exilée s'est exprimée dans le même sens.
Alors que le PPE et le l'ECR ont publié des communiqués pour saluer le choix de la conférence des présidents, la GUE/NGL a parlé d'une « mascarade ». Non pas pour mettre en cause le mérite personnel de M. Fariñas mais pour dénoncer « un vote purement politique » contre le régime cubain. « La démocratie et les droits de l'homme doivent être respectés partout dans le monde. Or, c'est la troisième fois depuis 22 ans que le PE décerne ce prix à des dissidents cubains » après 2002 et 2005, critique la Française Marie-Christine Vergiat. Elle demande qu'à l'avenir, le choix ne soit plus fait à huis clos par la conférence des présidents « mais par un vote public en séance plénière ». (H.B.)