Bruxelles, 21/10/2010 (Agence Europe) - Les organisations agricoles européennes critiquent fortement l'intention de la Commission européenne de « mettre de côté » les objectifs économiques de la politique agricole commune dans sa révision du budget de l'UE.
Padraig Walshe, le président du COPA (Comité des organisations professionnelles agricoles de l'UE), prévient que l'UE ne parviendra pas à réaliser ses objectifs en matière d'environnement et de changement climatique « en l'absence de viabilité économique des agriculteurs ». Le renforcement du rôle économique des agriculteurs consistant à produire des denrées alimentaires doit être au cœur de la future PAC (politique agricole commune), estime le COPA. Dans un contexte de demande alimentaire croissante, « la sécurité alimentaire ne peut plus être considérée comme acquise », ajoute-t-il. « La nouvelle proposition de la Commission, laquelle consiste en un verdissement obligatoire de la PAC, ne pourrait donc être envisagée que dans le cadre d'une augmentation du budget consacré à la PAC », conclut M. Walshe.
La communication de la Commission sur le réexamen du budget de l'UE évoque la possibilité d'accorder, s'agissant de la PAC, la priorité aux objectifs en termes d'environnement et de changement climatique plutôt qu'aux objectifs économiques. Ce qui inquiète les professionnels de l'agriculture.
Le document de la Commission commence par rappeler qu'une économie européenne durable a besoin d'un « secteur agricole dynamique apportant sa contribution à la réalisation d'un grand nombre d'objectifs de l'UE, notamment en ce qui concerne la cohésion, le changement climatique, la protection de l'environnement et la biodiversité, la santé et la compétitivité, ainsi que la sécurité alimentaire ». Une série de réformes de la PAC ont abouti à ce que l'aide apportée aux agriculteurs soit de plus en plus liée à la réalisation de ces objectifs et à ce que la part de la PAC dans le budget global diminue régulièrement ces dernières années, ajoute le document. « Même si cette part a encore tendance à diminuer, l'agriculture représenterait toujours un investissement public majeur pesant sur le budget de l'UE plutôt que sur les budgets nationaux », lit-on aussi dans la communication.
La réforme de la PAC pourrait être menée « avec une intensité variable ». Elle pourrait ainsi se limiter à éliminer certaines disparités existant actuellement en garantissant, par exemple, une plus grande équité dans la répartition des aides directes entre États membres et agriculteurs. Elle pourrait aussi procéder à une révision approfondie de la politique afin qu'elle devienne plus durable. « Une réforme plus radicale irait plus loin, abandonnant progressivement l'aide au revenu et la plupart des mesures de marché et donnant la priorité aux objectifs en matière d'environnement et de changement climatique par rapport aux dimensions économique et sociale de la PAC », souligne la Commission. (L.C.)