Strasbourg, 21/10/2010 (Agence Europe) - Débattant de l'aide commerciale au Pakistan, lors de la réunion plénière du Parlement européen à Strasbourg mercredi 20 octobre, des députés ont demandé à la Commission européenne des garanties supplémentaires pour l'industrie de l'UE, qu'ils craignent voir affectée par les préférences commerciales temporairement octroyées à Islamabad pour contribuer à la reprise économique d'un pays ravagé par des inondations sans précédent en août dernier.
Qualifiant l'initiative prise par les Vingt-sept de « décision tragique pour l'Europe », en particulier « pour un certain nombre de pays qui traversent déjà une crise grave, comme le Portugal, l'Espagne, ou la Grèce », le Portugais Nuno Melo (PPE) a appelé l'exécutif européen à « prévoir une contrepartie » pour l'industrie textile européenne. L'aide commerciale au Pakistan « pourrait avoir un impact énorme » pour le Portugal, dont le secteur textile compte pour 11% des exportations et 25% des emplois, a fait valoir M. Melo. L'Italien Niccolò Rinaldi (ADLE) a lui aussi appelé la Commission à « prévoir des dispositions » pour éviter que d'autres pays tiers puissent tirer profit des tarifs préférentiels accordés au Pakistan, et à envisager des mesures de soutien à l'industrie textile européenne « pour ne pas aggraver la crise qu'elle traverse ».
Le commissaire européen au Commerce Karel De Gucht s'est dit confiant que l'impact sur l'industrie européenne de l'aide au Pakistan « sera probablement modeste ». La hausse des exportations induites pour le Pakistan ne dépassera pas les 100 millions d'euros, soit moins de 0,5% de la valeur de la production européenne des produits qui feront l'objet de la libéralisation tarifaire. Enfin, M. De Gucht a rappelé que la mesure proposée par la Commission, qui vise la suspension de 75 lignes tarifaires relatives à des produits représentant 27% des exportations totales du Pakistan vers l'UE, sera limitée à trois ans. (E.H.)