Luxembourg, 07/10/2010 (Agence Europe) - Les États-Unis ont affirmé, jeudi 7 octobre, qu'il existait effectivement une menace terroriste réelle pesant sur l'Union européenne. « Jane Holl Lute, l'adjointe de la secrétaire américaine à la Sécurité intérieure, nous a confirmé la persistance d'une menace terroriste sans en préciser les cibles », a indiqué Brice Hortefeux, le ministre français de l'Intérieur, après une rencontre à Luxembourg avec ses homologues européens et Mme Lute. « La menace est réelle (...) Il s'agit d'un certain nombre de citoyens européens formés et entraînés en Afghanistan et au Pakistan et qui sont susceptibles de revenir en Europe avec de mauvaises intentions », a souligné le ministre. Le week-end dernier, les États-Unis ont invité leurs citoyens en voyage en Europe à la plus grande prudence en expliquant qu'al-Qaïda planifiait des attaques terroristes en Europe. La responsable américaine a toutefois voulu rassurer ses partenaires européens en précisant que le rôle de son pays était d'« informer ses citoyens sans les alarmer », a rapporté M. Hortefeux. La ministre belge de l'Intérieur, Annemie Turtelboom, a indiqué que la communication américaine avait amené « un peu d'incertitude parmi les 27 ». Elle a toutefois expliqué qu'« à la différence de l'Europe, les États-Unis ont l'obligation légale de fournir toutes les informations dont ils disposent à leur population ». Selon elle, la diversité des réactions dans les États membres de l'UE face à la mise en garde américaine doit pousser l'UE et les États-Unis à améliorer leur coopération en matière de communication afin d'éviter tout sentiment de panique dans la population. Les ministres et la représentante américaine ont donc planifié de se réunir une fois par an au niveau ministériel pour faire le point. Il s'agit en parallèle de poursuivre l'échange d'informations par les canaux traditionnels de renseignement. Au niveau européen, les États membres devraient quant à eux échanger des informations sur leurs différents codes d'alertes, a souligné Mme Turtelboom, sans toutefois appeler à une harmonisation dans ce domaine. L'UE devrait aussi coopérer avec le Sitcen pour que chaque État membre soit informé en amont de l'élévation du niveau de la menace dans un autre pays sans qu'il ne l'apprenne par la presse. (B.C.)