Bruxelles, 07/10/2010 (Agence Europe) - À quelques semaines de la conférence mondiale de Nagoya (Japon, 18-29 octobre), où doit être arrêtée la stratégie onusienne pour enrayer la perte de biodiversité dans les dix prochaines années grâce à des mesures concrètes s'inscrivant dans une vision à plus long terme (horizon 2050), le Parlement européen a à cœur que l'Union européenne investisse financièrement dans la préservation de la biodiversité et joue un rôle d'entraînement dans les négociations internationales.
L'enjeu est de taille car les engagements pris par la communauté internationale en 2002 de réduire significativement la tendance au déclin de la biodiversité en 2010 n'ont pas été tenus, pas plus d'ailleurs que l'objectif plus ambitieux auquel avait souscrit l'UE de stopper ce déclin à la même échéance.
La résolution sur les principaux objectifs stratégiques de l'UE pour Nagoya, adoptée jeudi 7 octobre par la session plénière du Parlement à une très large majorité (502 voix pour, 22 contre et 41 abstentions), reflète, par son niveau d'ambition, la volonté des parlementaires que l'UE donne l'exemple pour éviter un nouveau fiasco.
«Si nous ne parvenons pas à enrayer le déclin de la biodiversité, nous continuerons à scier la branche sur laquelle nous sommes assis. L'UE doit prendre la tête du combat pour protéger la biodiversité », avertit Jo Leinen, président de la commission de l'environnement du Parlement, chef de file pour ce dossier.
Dans sa résolution, le Parlement, extrêmement préoccupé par l'échec de la communauté internationale comme de l'UE, appelle la Commission européenne et les États membres à mettre sur la table, avant Nagoya, des engagements financiers pour se donner les moyens de leurs ambitions. Le Fonds global de financement des efforts a cruellement besoin de davantage de ressources, soulignent les eurodéputés, convaincus que l'investissement dans la biodiversité est incontournable au vu des coûts astronomiques qu'entraîne son déclin pour l'économie (quelque 50 milliards d'euros par an). Et les coûts estimés à venir sont plus astronomiques encore, selon des études scientifiques.
Le Parlement insiste sur la contribution de la biodiversité et de ses services écosystémiques au développement et à la réalisation des objectifs du millénaire pour le développement. Conscients que le changement climatique comme la perte de biodiversité sont tous deux causes de problèmes communs dont les pays en développement vulnérables sont les premières victimes, les eurodéputés demandent que les populations de ces pays pauvres soient financièrement dédommagées pour les efforts de conservation qu'ils devront déployer pour protéger les espèces de faune et de flore en diminution.
Pour Nagoya, l'UE doit, de l'avis du Parlement, négocier pour obtenir notamment l'élimination des subventions aux effets néfastes pour la biodiversité, la fin de la déforestation et des pratiques de pêche destructrices, la garantie qu'au moins 20% des terres d'eau douce et des zones maritimes seront protégées, la prévention de l'extinction des espèces menacées.
Le Parlement européen qui dépêchera à Nagoya une délégation de dix eurodéputés insiste pour que la délégation de l'UE à Nagoya soit bien préparée et bien coordonnée pour pouvoir défendre une position ferme.
Le Conseil Environnement du 14 octobre prochain se penchera aussi sur les objectifs de Nagoya et consignera, dans des conclusions, le mandat de négociation de l'UE pour cette dixième conférence des parties à la Convention sur la diversité biologique. (A.N.)