Bruxelles, 07/10/2010 (Agence Europe) - Répondant à la demande du Conseil européen du 16 septembre, la Commission européenne a adopté, jeudi 7 octobre, un paquet d'aide commerciale au Pakistan, dont l'économie fut ravagée par les inondations sans précédent d'août dernier. Cette action, qui vient compléter le paquet d'aide humanitaire de 320 millions d'euros accordé à Islamabad, fait figure de première dans l'histoire de la politique commerciale commune.
Le projet de règlement mis sur la table par la Commission propose une suspension unilatérale, pour les trois ans à venir, des droits de douane communautaires sur des exportations clés du Pakistan. Les préférences proposées visent 75 lignes tarifaires relatives à des produits représentant 27% des exportations totales du pays vers l'UE, soit un volume d'importation de l'UE de 3,3 milliards d'euros. L'action doit, selon la Commission, conduire à une hausse des exportations pakistanaises vers l'UE de l'ordre du 100 millions d'euros par an, comparé à 2009. Étant donné la nature de la base industrielle et d'exportation du Pakistan, les produits visés par la libéralisation tarifaire temporaire sont essentiellement des produits du secteur textile et habillement (65 lignes tarifaires). Trois lignes tarifaires concernant les chaussures et six concernant le cuir seront également suspendues. Enfin, l'action proposée vise un produit agro-industriel, l'éthanol, pour lequel le règlement prévoit l'ouverture d'un quota tarifaire annuel de 100 000 tonnes, basé sur les importations passées.
La Commission doit désormais présenter sa proposition aux États membres de l'UE, puis soumettre une demande de dérogation (waiver) à l'OMC pour obtenir le feu vert des pays membres. L'initiative européenne pourrait en effet se heurter au refus de certains pays membres en concurrence avec le Pakistan sur le marché communautaire. Les services du commissaire au Commerce, Karel De Gucht, assurent avoir déjà entamé des discussions avec l'Inde, principal concurrent de son pays voisin. La Commission précise avoir sélectionné les produits d'exportation clés du Pakistan, tout en tenant compte de la sensibilité de l'Inde, ainsi que des pays les moins avancés (PMA). Enfin, la Commission assure avoir veillé à limiter autant que possible l'impact de l'action en faveur du Pakistan pour l'industrie européenne. Un impact que M. De Gucht juge « limité ». Les États membres les plus sensibles, comme l'Italie et le Portugal, ont pour leur part été entendus sur leurs lignes rouges: ainsi, les lignes tarifaires relatives aux linges de maison (draps, housses et les taies d'oreiller), dont le Pakistan est le principal fournisseur de l'UE (75% des parts de marché), sont maintenues. (E.H.)