login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 10231
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/chine

Au risque de froisser Beijing, l'Europe joue la fermeté

Bruxelles, 07/10/2010 (Agence Europe) - En renonçant à communiquer devant la presse, à l'issue de leur réunion, les résultats du 13ème sommet UE/Chine mercredi 6 octobre à Bruxelles, dirigeants européens et chinois n'ont pas manqué de susciter des interrogations quant à la cordialité de leurs discussions, d'habitude plutôt conciliantes. Évitant soigneusement, lors de sommets passés, d'aborder les questions qui fâchent, les dirigeants européens ont changé de stratégie cette semaine, en critiquant ouvertement la sous-évaluation du yuan, les pratiques commerciales déloyales chinoises et le traitement réservé aux firmes européennes en Chine.

Après la grande déception affichée mardi par les responsables monétaires européens - le président de la zone euro, Jean-Claude Juncker, le président de la BCE, Jean-Claude Trichet et le commissaire aux Affaires monétaires, Olli Rehn - devant la lente appréciation du yuan, nul doute que les propos en toute franchise que lui ont adressés en face à face le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy et le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, ont quelque peu froissé leur hôte chinois, Wen Jiabao.

Avant que le premier ministre chinois réagisse vivement, lors du forum économique UE/Chine précédant le sommet, aux critiques européennes sur le yuan, appelant l'UE à cesser de faire pression pour la réévaluation de la monnaie chinoise, M. Barroso n'avait pas hésité à comparer une Europe « ouverte » à une Chine où « l'ouverture pourrait être renforcée », citant une étude critique de la Chambre de commerce européenne en Chine. Le président de la Commission avait aussi pointé les lacunes en matière de protection de la propriété industrielle et intellectuelle en Chine, et émis des réserves sur la nouvelle politique chinoise de l'innovation, soupçonnée de reposer sur la préférence nationale.

Les remarques conjointes de MM. Van Rompuy et Barroso publiées à l'issue du sommet confirment une rupture dans la manière de procéder des dirigeants européens face à leur homologue chinois. Le partenariat stratégique UE/Chine, signé en 2003, « doit être développé dans un esprit de réciprocité et de bénéfices mutuels (…) Comme dans tout partenariat, l'UE et la Chine ont des points communs et des différences d'approche. Ceci ne devrait pas faire obstacle à notre volonté commune de porter nos relations à un niveau plus élevé. Nous devons être ambitieux et faire des efforts sincères pour réaliser des progrès sur des questions clés de préoccupation mutuelle », soulignent-ils. Les deux hommes confirment avoir exprimé à M. Wen « [leur] désir de développer le commerce et l'investissement et le besoin de restaurer une situation de concurrence pour les entreprises européennes en Chine », précisant avoir souligné l'importance d'un meilleur accès au marché chinois, d'un cadre plus propice pour l'investissement, d'une meilleure application des droits de la propriété intellectuelle en Chine et de l'ouverture des marchés publics chinois. Dans un contexte plus global, MM. Van Rompuy et Barroso ont aussi insisté sur « la nécessité de réformes structurelles en Europe et en Chine, et souligné le rôle essentiel des taux de change ». Enfin, ils indiquent avoir eu une « franche » discussion avec leur hôte chinois sur l'état de droit et les droits de l'Homme, précisant avoir pressé Beijing de ratifier la convention internationale sur les droits civils et politiques.

La déclaration finale adoptée conjointement par l'UE et la Chine au terme du sommet se révèle, elle, nettement plus lisse. Dirigeants européens et chinois y soulignent « [leur] engagement à ouvrir une nouvelle phase dans [leurs] relations ». Ils précisent « [avoir] convenu d'intensifier leurs discussions sur les moyens de promouvoir le commerce et les investissements bilatéraux, en levant les barrières commerciales et en assurant un climat commercial favorable au nouveau développement du commerce et des investissements ». Le texte fait aussi part d'une convergence de vues sur la stabilité financière mondiale et la réforme des quotas du FMI. En matière climatique, ils précisent seulement s'engager à approfondir leur coopération dans le domaine des renouvelables et à poursuivre les négociations en vue de résultats équilibrés à la conférence de Cancún. (E.H.)

La culture, passerelle idéale pour consolider le dialogue entre les peuples

La culture est un excellent moyen d'entamer le dialogue et de tisser des liens solides avec autrui. C'est un véritable passeport pour approfondir les relations avec les pays tiers sur tous les plans. Tel est le message délivré par la Commission européenne à ses homologues chinois, à l'ouverture du Forum culturel de haut niveau UE-Chine. « Les 35 dernières années, nous avons bâti un solide partenariat. Nous devons maintenant construire un pont entre nos cultures et nos peuples, qui nous aidera à nous comprendre et à apprendre les uns des autres », a déclaré José Manuel Barroso. « L'Europe et la Chine partagent des objectifs communs. Nous voulons la paix et la prospérité pour les citoyens de nos pays et du reste du monde. Nos richesses culturelles nous élèvent et nous unissent », a souligné la commissaire responsable de la culture, Androulla Vassiliou. Le forum s'est tenu mercredi 6 octobre à Bruxelles, en marge du 13ème sommet UE-Chine. Il a rassemblé une soixantaine d'universitaires chinois et européens. Les discussions ont porté surtout sur l'organisation de l'année du dialogue interculturel UE-Chine qui sera célébrée en 2012. L'idée d'organiser un forum culturel annuel entre les deux pays est née lors d'un précédent sommet tenu à Nanjing, en novembre 2009. (I.L.)

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
JOURNÉE POLITIQUE
INFORMATIONS GÉNÉRALES