Bruxelles, 24/09/2010 (Agence Europe) - Mardi 21 septembre, lors d'une conférence de presse à Strasbourg, Joseph Daul, le président du groupe PPE au Parlement européen, a estimé que dans le débat sur le prochain cadre financier pluriannuel (à partir de 2014), il faut « sans hésiter mettre sur la table la question des ressources propres pour l'Europe et d'un impôt européen, non pas pour augmenter les charges des Européens, mais pour améliorer le rapport coût/efficacité de leurs taxes ».
« Des sujets tels que l'immigration, l'énergie, le climat, la recherche et l'innovation ne peuvent plus être traités de façon pertinente qu'au niveau européen. Cela veut dire qu'il faut épargner sur ces domaines au niveau national, pour investir ensemble, donc au bout du compte à un moindre coût pour les États membres », a déclaré Joseph Daul, pour qui il s'agit là de l'enjeu des « perspectives financières (2014-2020) ». Le PE constate, notamment dans le débat en cours sur l'adoption du budget 2011, que les États membres ne souhaitent pas que ce budget soit augmenté. « Les pays estiment que puisqu'ils doivent faire des économies au niveau national, on doit le faire au niveau européen. Nous ne disons pas le contraire, mais nous le disons autrement: au lieu de dépenser au niveau national dans les domaines où l'Europe est plus efficace, il faut dépenser collectivement », a dit Joseph Daul. D'où le besoin de débattre de l'idée d'un impôt européen.
Cet impôt européen pourrait porter « par exemple sur le financier », à savoir les transactions financières, « ou sur les émissions de CO2 », a dit le président du PPE. Il a préconisé un impôt « vraiment à l'échelle européenne pour ne pas créer de distorsions de concurrence » d'un pays à l'autre.
La Commission, qui ne souhaite écarter aucune option dans le cadre de sa communication sur le réexamen du budget de l'UE, attendue en octobre, compte lancer le débat sur un tel impôt européen dont les recettes alimenteraient directement les caisses européennes, alors qu'actuellement le budget de l'UE provient de contributions versées par les 27 pays qui la composent. Mais le débat s'annonce délicat car plusieurs États ont déjà refusé toute idée de ce type, tels l'Allemagne et la France. À noter que Berlin est favorable à une taxe sur les transactions financières à l'échelle européenne, mais pas pour alimenter le budget de l'UE. (L.C.)