Bruxelles, 19/07/2010 (Agence Europe) - La Commission européenne a annoncé, samedi 17 juillet, qu'elle suspendait les consultations avec la Hongrie sur le programme d'aide accordée en 2008 à ce pays pour lui permettre de surmonter la crise financière. Tant que l'évaluation n'aura pas été achevée, la Hongrie ne pourra avoir accès au solde du prêt à la balance des paiements, à savoir 1 milliard sur un total de 6,5 milliards d'euros. Jusqu'à présent, la Hongrie a bénéficié de trois paiements successifs au titre du mécanisme d'aide de l'UE (deux de 2 milliards d'euros en décembre 2008 et fin mars 2009 et un de 1,5 milliard d'euros le 6 juillet 2009). Pour rappel, l'aide de l'UE s'insère dans un paquet d'aide internationale d'environ 25,1 milliards. Le FMI (Fonds monétaire international) a lui aussi reporté la conclusion des consultations. Les délégations du FMI et de l'UE, qui ont quitté la Hongrie samedi sans accord avec le gouvernement conservateur sur son programme de réformes pour limiter les déficits, reviendront en septembre, a annoncé lundi 19 juillet le ministre hongrois de l'Économie, György Matolcsy.
Les experts de la Commission européenne ont conduit, du 6 au 17 juillet, une mission pour analyser le programme économique mis en œuvre par la Hongrie. Des discussions « utiles » ont eu lieu sur les intentions du nouveau gouvernement en matière de politique économique pour 2010 et au-delà. La mission a salué le fait que la Hongrie s'engage à atteindre un déficit public de 3,8% du PIB pour 2010. Elle a souligné qu'« un ajustement budgétaire en ligne avec les objectifs budgétaires convenus est essentiel pour assurer une réduction du ratio de la dette du gouvernement, améliorer les conditions de financement et soutenir la croissance durable et la crédibilité des finances publiques de la Hongrie », explique la Commission dans un communiqué. Les experts de la Commission ont reconnu qu'après un dérapage budgétaire au premier semestre de cette année, un certain nombre de mesures ont été prises pour corriger la situation, y compris des mesures importantes visant à accroître les recettes et réduire les dépenses. Toutefois, les mesures correctives envisagées jusqu'ici sont jugées insuffisantes au regard de l'ajustement budgétaire requis et sont largement de nature temporaire, déplorent les experts. C'est pourquoi, le gouvernement doit en faire plus pour ramener le déficit public sous le seuil des 3% du PIB en 2011. Tout en notant que la taxe imposée au secteur financier qui est prévue aiderait à atteindre les engagements budgétaires à court terme, les services de la Commission estiment que la taxe, dans sa forme actuelle, pourrait avoir un impact négatif sur le climat d'investissement du pays et sur la croissance économique. La mission exhorte les autorités à revoir certains aspects de cette taxe.
« La Hongrie est revenue sur la voie d'une croissance économique positive et enregistre aujourd'hui l'un des plus faibles déficits de l'UE. Je salue l'engagement des autorités envers l'objectif 2010 de réduction du déficit », a déclaré Olli Rehn, commissaire européen aux Affaires économiques. « Toutefois, la correction du déficit excessif à partir de l'an prochain nécessitera des décisions difficiles, notamment en matière de dépenses », a-t-il ajouté. La Hongrie a besoin de conserver le filet de sécurité que constitue le prêt de l'UE et du FMI afin de garder la confiance des marchés auprès desquels elle emprunte. Le pays reste vulnérable compte tenu de sa dette publique élevée, qui représente 80% du PIB, et de sa dépendance aux financements étrangers. La Roumanie a déjà dû prendre des décisions difficiles le mois dernier pour s'assurer du déblocage de l'aide du FMI et rassurer les marchés. (L.C.)