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Bulletin Quotidien Europe N° 10184
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/proche-orient

Mme Ashton en tournée en Israël et en Palestine rappelle le souci européen de relancer le processus de paix

Bruxelles, 19/07/2010 (Agence Europe) - Catherine Ashton, Haute Représentante pour la politique étrangère de l'UE et vice-présidente de la Commission (HR/VP), a effectué du 17 au 19 juillet une visite en Israël et dans les territoires palestiniens (Cisjordanie et Gaza (dimanche)) pour y réaffirmer à la fois le vœu européen d'une relance concrète et durable du processus de paix et le soutien humanitaire et politique de l'UE à la population de Gaza en marquant l'espoir d'une réconciliation inter-palestinienne. C'était, semble-t-il aussi, l'occasion pour Mme Ashton de rappeler que la diplomatie commune européenne est désormais opérante. Sa tournée peut prendre en effet une signification interne, à l'heure où l'UE travaille à mettre en place sa diplomatie commune. Les ministres des Affaires étrangères de France, Espagne, Italie, Royaume-Uni et Allemagne ont été invités par leur homologue israélien à se rendre à Gaza. Ils sont en particulier conviés à constater la « bonne volonté » israélienne que traduit la levée partielle de l'embargo. La HR/VP paraît ainsi vouloir se rappeler aux bons souvenirs des principaux acteurs dans la région comme sur la scène européenne, en remettant en mémoire le rôle qu'y joue l'UE notamment en appui financier et humanitaire.

Mme Ashton a ainsi rappelé, la veille de son départ dans la région, que l'UE est déjà pleinement engagée dans le processus de paix et voudrait que les pourparlers indirects continuent dans l'espoir d'une relance des négociations directes pour un aboutissement durable et définitif.

Des entretiens étaient annoncés peu avant son départ avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, et son ministre des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, et celui de la Défense, Ehud Barak. Celui avec M. Lieberman a eu lieu avec certitude tandis que l'entretien avec M. Netanyahou, n'est pas encore, à l'heure présente, signalé. Il a probablement été rayé de l'agenda, comme celui avec le président de l'Autorité palestinienne. Les deux dirigeants ont en effet pris dimanche l'avion pour le Caire pour des entretiens séparés avec l'Egypte, où règne un relatif pessimisme quant aux chances de relance du processus de paix. Sans compter, et la presse israélienne s'en fait l'écho, citant des sources de sécurité américaines notamment, que le rôle de l'intermédiaire égyptien pourrait se trouver hypothéqué du fait des inquiétudes nées d'une aggravation de l'état de santé du président Hosni Moubarak, non confirmée de source officielle. L'inquiétude vient aussi de l'atmosphère lourde en Israël où, d'après le quotidien Jerusalem Post, « les relations entre MM. Netanyahou et Lieberman touchent le fond ». C'est sur le budget, en fait les suites budgétaires d'un débat sur fond religieux, que l'actuelle coalition risque de se briser. Il s'agirait, selon le journal, d'un « projet de loi controversé sur les conversions » sur lequel les deux membres de la coalition menacent de se poser en rivaux et de s'affronter ouvertement au sein de la Knesset, étalant leurs profondes divergences. Une telle législation, proposée par le parti du ministre des Affaires étrangères, est « susceptible de diviser le peuple juif », si l'on en croit le premier ministre.

La situation ne semble en tout cas pas, globalement, rassurante. Mme Ashton, dont la presse locale a évoqué un entretien avec l'envoyé spécial américain, George Mitchell et l'envoyé spécial du Quartette, Tony Blair, a, pour l'essentiel, focalisé sa tournée sur la situation à Gaza. Elle a à ce sujet réaffirmé la veille de sa visite le souci européen de parvenir à un « changement rapide et substantiel » de la situation marquée par l'embargo imposé par Israël et où la situation humanitaire est notoirement dans un état désastreux. Elle a appelé de ses vœux à prendre des mesures durables, se référant ainsi, comme elle l'a fait à maintes reprises au cours de sa visite, à « l'assouplissement » des restrictions à l'accès à Gaza annoncé par Israël. L'UE salue cette décision mais demeure prudente et attend d'en voir les effets réels. La presse israélienne prête l'intention à M. Lieberman d'offrir à la Communauté européenne la mission de contrôler les flux de marchandises entrant à Gaza par voie terrestre comme par la mer. Mme Ashton a, elle-même, laissé entendre que l'UE pourrait jouer un rôle direct dans l'organisation et le contrôle des points de passage si un « certain nombre de conditions sont réunies ».

À Gaza encore, Mme Ashton a présidé la cérémonie de lancement officiel du programme « Private Sector Reconstruction in Gaza » (PSRG) établi par l'Autorité palestinienne pour redonner vie à l'activité économique dans ce territoire et considéré, ainsi que l'indique un communiqué de la délégation européenne à Ramallah, un des plus ambitieux plans de soutien au secteur privé local. 203 entreprises de Gaza composent la liste des bénéficiaires de cet appui pour lequel l'UE contribue à hauteur de 4,8 millions d'euros pour la phase de démarrage. L'appui total européen envisagé est de 22 millions d'euros et sera consenti au titre du programme 'Pegase' (Mécanisme palestino-européen de gestion de l'aide socio-économique) lancé le 1er février 2008 par la Commission européenne pour soutenir l'Autorité palestinienne à supporter le coût de son administration et à la réformer en prévision de la proclamation d'un État palestinien lorsque l'opportunité politique se présentera. Mme Ashton a également rendu visite à l'UNRWA (au profit de laquelle une enveloppe de 2 millions d'euros a été annoncée) et à des organismes d'aide internationaux en s'abstenant, selon nos sources, de tout contact avec les dirigeants de Hamas. « Les gens ici reconnaissent et comprennent les besoins sécuritaires d'Israël », a souligné Mme Ashton, citée par la presse internationale à l'issue d'une conférence de presse, « mais cela ne saurait empêcher la possibilité de voir la libre circulation des marchandises vers et hors de Gaza de façon que les maisons soient reconstruites, que les enfants puissent fréquenter des écoles fonctionnant normalement et que le commerce renaisse ».

Avant de se rendre à Gaza, Mme Ashton s'était entretenue à Ramallah avec le chef du gouvernement palestinien, Salam Fayyad. L'UE s'est engagée à soutenir la création d'un État palestinien « démocratique et viable », dont elle fait la clé d'une « paix concrète et durable », avait-elle rappelé. Et elle a annoncé, durant cette rencontre, l'octroi de 40 millions d'euros supplémentaires au budget de l'Autorité palestinienne et cette somme sera augmentée d'ici l'automne, a-t-elle indiqué. Elle a également évoqué avec le premier ministre Fayyad les perspectives politiques et affirmé sa « préoccupation » engendrée par les « actes contraires » enregistrés à Jérusalem-Est. Elle a dit sa foi que le moment est venu de passer à la phase des négociations directes. Les Palestiniens n'en sont pas convaincus. Le président palestinien a exigé des garanties sur les contentieux de la colonisation juive et de Jérusalem-Est. La Ligue arabe a elle aussi exigé des garanties écrites avant des négociations directes, a indiqué le secrétaire général de l'organisation, M. Amr Moussa. (F.B.)

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