Bruxelles, 19/07/2010 (Agence Europe) - La Commission européenne débloquera l'an prochain 6,4 milliards d'euros en faveur de la recherche et de l'innovation, ce qui devrait permettre, à court terme, la création de 165 000 emplois, a annoncé, lundi 19 juillet, Máire Geoghegan-Quinn, la commissaire à la Recherche. Ce financement, le plus important jamais réalisé dans ce domaine, permettra de couvrir toute une série de disciplines scientifiques, de domaines de politique publique et de secteurs commerciaux.
« Nous offrons 6,4 milliards d'euros aux chercheurs et aux innovateurs qui réaliseront des projets de pointe portant sur des grands défis économiques et sociétaux: changement climatique, sécurité énergétique et alimentaire, santé et vieillissement de la population », a-t-elle indiqué. « Investir dans la recherche et l'innovation est la seule manière intelligente et pérenne de sortir de la crise et de garantir une croissance durable et socialement équitable », a-t-elle ajouté.
Près de 16 000 participants issus d'organismes de recherche, d'universités et de l'industrie, dont environ 3 000 PME, pourront ainsi bénéficier d'un financement. Les subventions seront attribuées par voie d'appels à propositions (invitations à soumissionner) et d'évaluations dans le courant des 14 prochains mois. De nombreux appels seront officiellement publiés mardi 20 juillet. Les personnes intéressées auront la possibilité de solliciter un financement au titre du septième programme-cadre de l'UE dans toute une série de domaines d'action.
À titre d'exemple, plus de 600 millions d'euros sont prévus pour le domaine de la santé. La recherche sur les technologies de l'information et de la communication (TIC) bénéficie de 1,2 milliard d'euros. Plus de 1,3 milliard d'euros est réservé aux scientifiques les plus créatifs sélectionnés par le Conseil européen de la recherche, et des bourses de mobilité, pour un montant de 772 millions d'euros, seront octroyées à 7 000 chercheurs hautement qualifiés dans le cadre d'actions « Marie Curie ». La première priorité est accordée aux petites et moyennes entreprises (PME), qui sont à la base du système européen de l'innovation et qui représentent 99 % des entreprises européennes. Les PME recevront près de 800 millions d'euros et, pour la première fois, des budgets leur seront réservés dans plusieurs domaines: la santé, la bio-économie fondée sur la connaissance, l'environnement, les nanotechnologies. Rien que pour la recherche dans le domaine de la santé, environ 206 millions d'euros (soit un tiers de la totalité du budget pour 2011) seront accordés aux essais cliniques proposés par les chercheurs eux-mêmes en vue de garantir une commercialisation plus rapide des nouveaux médicaments. En ce qui concerne les nanotechnologies (270 millions d'euros), l'accent sera mis sur les activités de recherche qui pourraient aboutir à des possibilités de brevetage et de commercialisation. Environ 600 millions d'euros au titre du financement des TIC sont destinés aux infrastructures de réseaux et de services de nouvelle génération, à la robotique, aux composants électroniques et photoniques, et aux technologies des contenus numériques. Plus de 400 millions d'euros seront consacrés aux activités de recherche sur la manière dont les TIC peuvent permettre de relever certains défis tels qu'une économie à faible intensité de carbone, une société vieillissante, et des usines adaptables et durables. En 2011, 90 millions d'euros seront également consacrés au partenariat public-privé sur l'avenir de l'Internet, afin de renforcer l'« intelligence » des infrastructures européennes clés. (B.C.)