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Bulletin Quotidien Europe N° 10183
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/Épizooties

La Commission envisage une levée de l'interdiction des farines animales pour les non-ruminants

Bruxelles, 16/07/2010 (Agence Europe) - La Commission européenne a adopté, vendredi 16 juillet, sa deuxième feuille de route sur les encéphalopathies spongiformes transmissibles (EST), telles que l'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) chez les bovins ou la tremblante chez les ovins et caprins, dans laquelle elle envisage d'assouplir certaines mesures, notamment en ce qui concerne l'interdiction de nourrir les animaux d'élevage avec des farines animales. La Commission insiste bien sur le fait que « toute modification des règles en vigueur doit maintenir les normes élevées de l'Union en matière de sécurité alimentaire et de protection de la santé humaine et animale, et être fondée sur de solides données scientifiques ».

John Dalli, le commissaire à la Santé, rappelle dans un communiqué que l'UE « est enfin sur le point d'éradiquer l'ESB sur son territoire ». En 2001, au plus fort de la crise dite de la « vache folle », plus de 2167 cas d'ESB furent répertoriés. Les cas sont tombés à 67 en 2009 (dont 11 au Royaume-Uni, 18 en Espagne et 10 en France). La Commission relève aussi le recul important du nombre de cas par cohorte de naissance (1870 en 1995 à 23 en 2001). En outre, l'âge moyen des animaux atteints a fortement augmenté (de 74 mois en 2001 à 146 mois en 2009), ce qui prouve que la contamination a eu lieu avant la période où l'UE a pris des mesures sévères, par exemple l'interdiction partielle des farines animales en 1994 et leur interdiction totale en 2001.

Interdiction des farines animales dans l'alimentation des animaux. Depuis juillet 1994, il est interdit de nourrir les bovins, les ovins et les caprins avec des farines de viande et d'os de mammifères. Cette interdiction partielle a ensuite été étendue et le 1er janvier 2001, l'UE a interdit totalement l'utilisation des protéines animales transformées dans les aliments destinés aux animaux élevés en vue de la production alimentaire, à quelques exceptions près (par exemple, l'utilisation de farines de poisson pour les non-ruminants).

Dans sa nouvelle feuille de route, la Commission estime qu'un certain niveau de tolérance pourrait être introduit pour les protéines animales transformées. Les dispositions interdisant de nourrir, par exemple, les porcs, les volailles ou les poissons (autrement dit des animaux non ruminants) avec certaines protéines animales transformées pourraient être supprimées. Toutefois, la Commission ne veut pas lever l'interdiction de réutilisation au sein de l'espèce (« cannibalisme »). Ainsi, les éleveurs pourraient donner des farines de volaille aux porcs et des farines de porc aux volailles, mais pas les farines de porcs aux porcs. À noter que la Commission ne fera pas avant 2011 de propositions sur la levée de l'interdiction des farines animales pour les non-ruminants.

La feuille de route retient cinq autres domaines dans lesquels les mesures actuelles de lutte contre les EST pourraient à l'avenir être modifiées.

Les matériels à risque spécifiés (MRS). C'est-à-dire les organes pouvant abriter l'agent de l'ESB. La liste des MRS de l'Union européenne pourrait être alignée sur les normes internationales de l'Organisation mondiale pour la santé animale (OIE), c'est-à-dire assouplie.

Programmes de surveillance des bovins. Il s'agit des programmes obligatoires destinés à surveiller les animaux et à signaler ceux qui sont soupçonnés de présenter des signes ou des symptômes cliniques de l'ESB. La Commission suggère d'aboutir à un système de contrôle mieux ciblé, « en relevant progressivement les limites d'âge en vigueur pour le dépistage, ou en diversifiant les méthodes de test ».

Surveillance des ovins et caprins. Il est question des mesures d'éradication de la tremblante chez les petits ruminants. Celles-ci pourraient, selon la Commission, être mises en conformité avec les connaissances scientifiques les plus récentes, ce qui aboutirait, entre autres, à modifier les mesures de lutte contre la tremblante atypique lorsque les données confirment que la souche de la maladie n'est pas contagieuse, ou à continuer d'encourager le recours à la génétique pour combattre la maladie chez les ovins.

Abattage des cohortes. L'abattage systématique des cohortes de bovins (lors de l'apparition d'un cas d'ESB dans le troupeau) pourrait prendre fin et les animaux pourraient être vendus aux consommateurs pour autant qu'avant leur entrée dans la chaîne alimentaire ils soient soumis à un test de dépistage dont le résultat est négatif.

Tests ante mortem et post mortem. Si des tests ante mortem devenaient disponibles, le dépistage sur les animaux vivants pourrait être envisagé, ce qui pourrait être particulièrement utile pour la certification des troupeaux de petits ruminants. (L.C.)

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