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Bulletin Quotidien Europe N° 10093
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/Énergie

M. Barroso prône l'utilisation responsable du nucléaire civil

Bruxelles, 08/03/2010 (Agence Europe) - Intervenants de prestige d'une conférence internationale organisée à l'initiative des autorités françaises, lundi 8 mars au siège de l'OCDE à Paris, et à laquelle étaient conviés les représentants de 65 pays et organisations internationales, le président de la Commission européenne José Manuel Durão Barroso et le président français Nicolas Sarkozy se sont une nouvelle fois faits les chantres du nucléaire civil, le premier en prônant son utilisation responsable, le second en plaidant pour son accès plus facile, notamment par un soutien des institutions financières internationales.

Ouvrant les travaux de la conférence, M. Sarkozy a appelé à développer et financer la technologie du nucléaire civil dans le monde, avec l'appui des institutions financières internationales. Face au double défi de besoins énergétiques accrus (40% d'énergie en plus sera nécessaire d'ici 2030) et de la lutte contre le changement climatique, « il faut le nucléaire civil et les énergies renouvelables, il faut les deux », a insisté le président français. Avec 80% de la croissance de la consommation électrique qui, d'ici 2030, viendra de pays non membres de l'OCDE, « le nucléaire doit s'implanter dans de nouveaux pays », a-t-il poursuivi, assurant que la France « veut coopérer avec tous les pays qui souhaitent le nucléaire civil ». « Le nucléaire civil peut être le ciment d'une nouvelle solidarité internationale », a ajouté le président français. Évoquant la question du financement, M. Sarkozy n'a pas mâché ses mots. « Je ne comprends pas et je n'accepte pas l'ostracisme du nucléaire dans les financements internationaux, il y a là matière à scandale (...) Les institutions financières internationales - notamment la Banque mondiale - doivent s'engager résolument » dans le financement du nucléaire civil, a insisté le président français. Selon la World Nuclear Association, plus de 450 nouveaux réacteurs devraient être construits dans le monde d'ici 2030, soit un marché de plusieurs centaines de milliards de dollars. En matière de sûreté nucléaire, M. Sarkozy a souhaité qu'un organe indépendant placé sous l'égide de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) « établisse sur des bases scientifiques et techniques incontestables une grille d'analyse internationale, ainsi que la mise en place d'un classement des réacteurs proposés sur le marché, selon le critère de la sûreté ». Quant au respect de la non-prolifération de l'armement nucléaire, le chef de l'État français a proposé que soit suspendue la coopération nucléaire avec les pays qui ne se conforment pas à leurs obligations. Évoquant la sécurité de l'approvisionnement en combustibles nucléaires, M. Sarkozy a également proposé la création d'une banque du combustible à l'AIEA. Enfin, concernant la gestion des combustibles usés et des déchets ultimes, le président français a prôné le recyclage, sur le modèle français, la « voie la plus prometteuse pour l'avenir », selon lui.

La sûreté des installations nucléaires, comme leur sécurité vis-à-vis d'actes terroristes, furent au cœur de l'intervention de M. Barroso, qui n'a d'abord pas manqué de rappeler la « position neutre » observée par la Commission quant au choix politique concernant l'utilisation de l'énergie nucléaire, position confirmée par le nouveau cadre institutionnel de l'UE, le Traité de Lisbonne, et la souveraineté des États membres de l'UE dans le choix du bouquet énergétique national. « Dans son approche de l'énergie nucléaire, l'UE a une priorité politique: le respect des garanties de sûreté, de sécurité et de non-prolifération. Certains États ne respectent pas les obligations qu'ils ont contractées auprès de la communauté internationale. Ce manquement met en relief la nécessité impérieuse de règles pour encadrer strictement l'activité nucléaire. En Europe comme à l'extérieur, il faut avoir le cadre juridique le plus avancé et les normes les plus élevées en matière de sûreté, de sécurité et de non-prolifération », a insisté M. Barroso, promettant une initiative européenne pour relever les normes de sécurité et de sûreté internationales et les rendre juridiquement contraignantes partout dans le monde. Le président de la Commission a aussi incité le reste du monde à s'aligner sur l'UE qui, depuis juin 2009, a adopté un cadre communautaire pour la sûreté des installations nucléaires, donnant une force juridique contraignante aux principales normes internationales de sûreté nucléaire, notamment celles de l'AIEA. Dans la foulée du président français, M. Barroso a mis en exergue le cas de la Corée du Nord et de l'Iran, pays dont les activités nucléaires présentent des risques de sécurité pour la communauté mondiale. « J'insiste, la sûreté, la sécurité et la non-prolifération ne s'arrêtent pas aux frontières de l'UE. L'Europe propose très activement son savoir-faire dans le domaine de la sûreté auprès des pays tiers », a-t-il poursuivi, expliquant que l'UE s'est dotée depuis 2007 d'un outil pour aider les pays qui recourent déjà au nucléaire ou qui veulent développer un programme nucléaire à des fins pacifiques à améliorer la sûreté, son but étant à la fois de mettre en place des règles, mais surtout de « créer une véritable culture de la sûreté », dont la non-prolifération « fait partie intégrante ». « Soyons très clairs. Tout pays a le droit d'accéder au nucléaire civil. Les traités internationaux le précisent. Mais pour l'Europe, le respect des normes de sûreté, de sécurité et de non-prolifération les plus strictes n'est pas négociable. L'utilisation responsable de l'énergie nucléaire est considérée au plus haut niveau comme une question politique de toute première importance », a insisté M. Barroso qui, en matière de gestion des déchets radioactifs, a promis une initiative législative d'ici fin 2010. (E.H.)

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