Bruxelles, 08/03/2010 (Agence Europe) - L'interdiction générale du voile intégral serait « une mesure bien mal inspirée », sans doute incompatible avec la Convention européenne des droits de l'Homme, a indiqué Thomas Hammarberg, le commissaire aux droits de l'Homme du Conseil de l'Europe. « L'interdiction de la burqa et du niqab ne libérerait pas les femmes opprimées mais pourrait, au contraire, aggraver leur exclusion dans les sociétés européennes », a-t-il estimé, dans un « point de vue » publié dimanche 7 mars à Strasbourg, à l'occasion de la Journée internationale de la Femme. Selon lui, les partisans de l'interdiction générale de la burqa et du niqab « n'ont pas réussi à démontrer que ces vêtements portaient atteinte d'une manière ou d'une autre à la démocratie et à la sécurité, à l'ordre ou à la morale ». Ces thèses sont « d'autant moins convaincantes que le nombre de femmes qui portent ces tenues est très faible », a-t-il ajouté. De manière générale, l'État devrait éviter de légiférer sur la façon dont les gens s'habillent, a estimé le commissaire, précisant que « l'interdiction de la burqa et du niqab serait une aussi mauvaise chose que l'aurait été la condamnation des caricaturistes danois » en 2005. Née en France il y a sept mois, la polémique sur le port du voile intégral commence à s'étendre à certains pays européens voisins. (B.C.)