Bruxelles, 08/03/2010 (Agence Europe) - Dans le cadre de la préparation du Conseil européen des 25 et 26 mars à Bruxelles, les ministres de l'Emploi et des Affaires sociales ont eu un échange de vues sur la stratégie UE 2020 pour la croissance et l'emploi, sous la présidence du ministre espagnol du Travail et de l'Immigration Celestino Corbacho Chaves. Les ministres ont répondu aux questions de la Présidence espagnole sur les objectifs principaux à fixer pour l'emploi, l'égalité et l'inclusion, et sur le rôle que devrait jouer le Conseil Emploi et Affaires sociales dans la gouvernance de cette future stratégie UE 2020. Pour le président Chaves, « ce Conseil va consolider ses compétences en matière de stratégie UE 2020 ».
En ce qui concerne le Sommet social tripartite - auquel le président du Conseil européen Herman Van Rompuy sera présent - le commissaire à l'Emploi, aux Affaires sociales et à l'Inclusion, Laszlo Andor, a qualifié ce Sommet de « forum très important pour établir un dialogue ». Il est essentiel dans les discussions sur les nouvelles orientations politiques pour la stratégie UE 2020, discussions qui seront axées sur l'emploi, la cohésion sociale et la réponse à court et long terme à la crise. M. Andor a annoncé l'élaboration par la Commission et les partenaires sociaux d'« une feuille de route pour la relance ». Dans sa présentation de la stratégie UE 2020 (EUROPE N °10091 et N° 10092), Laszlo Andor a insisté sur « l'urgence qu'il y a de convenir d'une nouvelle stratégie ambitieuse » et sur le fait que la crise montre l'interdépendance de nos économies. Pour M. Andor, « ce Conseil EPSCO a un rôle important à jouer et la politique sociale sera très importante à l'avenir ».
Le président du Comité de l'emploi (dont la contribution à la stratégie UE 2020 a été adoptée par le Conseil), Bruno Coquet, a souligné le fait que « la faiblesse de l'actuelle stratégie de Lisbonne réside plus dans l'intégration, la coordination et la mise en œuvre des politiques que dans la formulation des priorités. La nouvelle stratégie devrait dès lors renforcer l'équilibre et la cohérence entre les politiques économique, sociale et de l'environnement, mais il faudrait aussi renforcer la dimension extérieure de la stratégie ». Son homologue du Comité de la protection sociale (dont la contribution à la stratégie UE 2020 a également été adoptée par le Conseil) Aurelio Fernandez a insisté sur la nécessité de lutter de manière intensive contre l'exclusion sociale et la pauvreté, l'importance d'utiliser la méthode ouverte de coordination (MOC) en matière sociale, sur la coopération entre États membres et Commission, et sur le rôle extrêmement important du Conseil Social. Pour le président de ce Comité, il faut également une politique d'inclusion sociale active avec une meilleure gestion des fonds.
Tirant les conclusions des travaux de ce lundi, Celestino Corbacho Chaves a constaté un consensus général sur les points suivants: (1) les conséquences de la crise sur l'augmentation du chômage et l'affaiblissement de la cohésion sociale ; (2) la nécessité d'adopter des mesures communes, d'avoir davantage de coopération entre les États membres pour maximiser les effets de la stratégie ; (3) le fait que la croissance économique est la condition sine qua non de la création d'emplois couplée à des politiques ciblées de l'emploi ; (4) la nécessité d'avoir une approche transversale entre emploi et croissance. Il est également essentiel d'avoir des politiques indispensables à la création d'emplois: par exemple essayer d'atteindre l'objectif de 75% d'emplois pour la tranche d'âge des 20 et 64 ans. Cet objectif a suscité quelques commentaires de délégations. Citons notamment: « Un objectif ambitieux mais pas irréalisable. Pour cela il faudra considérablement améliorer l'emploi des femmes » (Finlande), « ambitieux oui, mais il faut avoir les moyens de ses ambitions » (Belgique), « il faut moins d'objectifs mais bien décrits: emploi, dimension sociale doivent avoir plus de poids dans cette stratégie (…) d'ici 2015 on pourrait viser une réduction de 7% du chômage et d'ici 2020 de 5% en plus » (Autriche) ; (5) nécessité d'avoir des objectifs en faveur de l'emploi des jeunes: pour cela, une coordination plus étroite entre formation et emploi est indispensable ; (6) le vieillissement: il faut favoriser le retour des plus vulnérables sur le marché de l'emploi ; (6) il ne faut pas supprimer les incitants économiques et les abattements fiscaux ; (7) il faut créer des conditions favorables à la création d'emplois par le biais d'une croissance durable et d'emplois verts ; (8) la lutte contre la pauvreté, notamment des jeunes, en réduisant de 20 millions le nombre de pauvres dans l'UE ; (9) l' importance du rôle des partenaires sociaux dans la mise en œuvre de la stratégie dont le dialogue social est un élément capital et indispensable pour sortir de la crise.
Vaste consensus aussi sur le rôle du Conseil EPSCO dans la nouvelle gouvernance de la future stratégie européenne pour la croissance et l'emploi: il est indispensable que le Conseil EPSCO puisse s'exprimer sur toutes les questions relatives à cette stratégie UE 2020. La communication avec les citoyens est de première importance, ils doivent être écoutés. Il faut renforcer la coopération entre Conseil EPSCO et Conseil ÉCOFIN, ils doivent pouvoir interagir. Enfin, il faut plus de visibilité pour la croissance et l'emploi. Et le président de conclure: « La stratégie UE 2020 est la nouvelle approche de notre engagement partagé » (G.B.)