Bruxelles, 17/11/2009 (Agence Europe) - Les Vingt-sept ont réaffirmé, mardi 17 novembre, leur volonté de renforcer leur capacité commune de « promouvoir la paix, la stabilité et la sécurité dans le monde ». Dans une déclaration adoptée par le Conseil Affaires générales et relations extérieures, ils affirment que les États membres, « au sein de l'UE », vont développer une capacité conjointe pour renforcer leur sécurité ainsi que celle de leurs voisins et du monde en général, conformément aux valeurs communes de la liberté, de démocratie , du respect des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ainsi que de l'état de droit et des principes de la charte des Nations unies et du droit international.
Plusieurs avancées dans de multiples domaines sont nécessaires pour atteindre cet objectif, note toutefois le Conseil. Notamment: - le renforcement du cadre institutionnel après l'entrée en vigueur (le 1er décembre) du Traité de Lisbonne. Selon la déclaration, les États membres vont travailler dès à présent pour assurer un rôle fort, efficace et visible du premier représentant de l'UE pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité et, si nécessaire, prendre des mesures pour mettre en œuvre les dispositions de la PESD ;
- renforcer les capacités d'alerte précoce ainsi que la capacité de planification et doter l'UE de politiques cohérentes, coordonnées et adéquates pour l'alerte précoce, la gestion de crises et le développement. La mise en place du service européen de l'action extérieure renforcera aussi, selon les ministres, l'efficacité des structures de planification et de conduite de la gestion des crises. Les ministres s'engagent aussi à doter l'UE d'une capacité de réponse rapide et renforcer, pour répondre à cet objectif, la souplesse et l'employabilité des groupements tactiques. En ce qui concerne les moyens civils, le Conseil évoque l'amélioration du déploiement des équipes de réponse civile et le renforcement du soutien logistique. Ils s'engagent aussi à explorer davantage les possibilités de partage et de mise en commun des ressources, celles assurant la spécialisation et le stockage. Dans la même déclaration, les ministres reconnaissent également que le budget de la politique extérieure et de sécurité devrait être adéquat pour répondre aux défis actuels et à venir. À ce stade, le budget pour la sécurité prévu dans le budget de la Commission européenne est de 1,35 milliard d'euros pour les années 2008-2013. Le fonds Athéna conçu pour les opérations militaires de l'UE devrait être doté, une fois le Traité de Lisbonne entré en vigueur, d'un fonds de démarrage (dont les amorces existent déjà) pour le lancement de nouvelles opérations. Le Conseil affirme aussi que les États membres vont intensifier la coordination civilo-militaire. Comme le précise la déclaration, ceci doit consister en un renforcement des aspects civilo-militaires de la planification des opérations PESD, la promotion des synergies entre les civils et les militaires ainsi que des moyens à double usage (dual-use). En matière de capacités, la déclaration reconnaît l'importance d'un marché des équipements de défense bien fonctionnel et fondé sur la compétition, l'égalité des conditions et la sûreté d'approvisionnement. Sans surprise, le développement de ces capacités devrait être à la charge de l'agence européenne de la défense ainsi que des organes compétents du Conseil mais en coopération étroite avec la Commission européenne.
La déclaration plaide aussi pour l'exploration de la coopération structurée permanente inscrite dans le Traité de Lisbonne, qui autorise le développement de la coopération en matière de défense et de sécurité entre des groupes restreints d'États membres (les critères de mise en œuvre devraient être toutefois encore définis). Elle constate aussi que les travaux au sein de l'UE devrait se poursuivre sur le même rythme pour parvenir à l'intégration de la surveillance maritime. Enfin, la déclaration plaide aussi en faveur du développement de liens plus étroits entre la PESD et la politique de la liberté, sécurité, justice, pour le développement du rôle de l'UE dans la médiation et le dialogue, pour le recentrage des actions sur la place des femmes et l'intensification de la coopération avec les partenaires clefs (Nations unies, OTAN, Union africaine et d'autre acteurs régionaux) ainsi que sur le renforcement des contacts avec les acteurs non-gouvernementaux. (A.By.)