Bruxelles, 17/11/2009 (Agence Europe) - Une partie importante des sanctions prises par l'UE en 2006 contre les dirigeants du Bélarus reste suspendue, au moins jusqu'en octobre 2010. Le Conseil « Relations extérieures » de mardi 17 novembre a en effet prolongé, pour onze mois supplémentaires, la suspension de l'interdiction de visas qui frappait plusieurs dizaines de responsables impliqués dans la violation des standards électoraux internationaux ou la répression à l'encontre de la société civile et de l'opposition démocratique, y compris le président Alexandr Loukachenko. Cette sanction avait déjà été suspendue une première fois en octobre 2008 (EUROPE n°9760). L'interdiction d'entrée sur le territoire de l'UE reste cependant en vigueur pour toutes les personnes qui sont directement impliquées dans la disparition de personnes en 1999/2000, ainsi que pour la présidente de la commission électorale du pays. En automne 2010, le Conseil réexaminera si Minsk aura fait des progrès vers la réforme du code électoral et le respect de l'état de droit, des droits de l'Homme et des libertés fondamentales. « Le Conseil pourra alors décider d'appliquer de nouveau ou de lever les interdictions de séjour à tout moment, à la lumière des actions des autorités biélorusses dans le domaine de la démocratie et des droits de l'Homme », notent les ministres dans des conclusions adoptées mardi.
L'autre volet des sanctions européennes en place depuis 2006, à savoir le gel des avoirs financiers et économiques des dirigeants biélorusses, restera d'application (ces sanctions ont même été prolongées mardi pour une nouvelle période de onze mois, jusqu'en octobre 2010).
Dans leurs conclusions de mardi 17 novembre, les ministres des Affaires étrangères notent que depuis la relance du dialogue politique avec le Bélarus vers la fin de l'année dernière (en réponse à la libération de tous les prisonniers politiques), les contacts et coopérations sectorielles se sont multipliés, y compris dans le cadre du « Partenariat oriental » lancé en mai 2009 dont le Bélarus est un des pays bénéficiaires. Il n'en demeure pas moins que l'UE est toujours déçue par le manque de progrès en matière de réformes démocratiques. « Alors qu'un certain nombre de décisions encourageantes ont été prises précédemment (en 2008, Ndlr) dans ces domaines, le Conseil regrette profondément l'absence de progrès notables accomplis ces derniers temps pour répondre à ses préoccupations dans le domaine des droits de l'homme et des libertés fondamentales, y compris en ce qui concerne la répression des actions politiques pacifiques et le refus continu d'enregistrement de nombreux partis politiques, organisations non gouvernementales et médias indépendants. Le Conseil déplore en outre les peines capitales récemment prononcées en Biélorussie et engage vivement la Biélorussie à introduire un moratoire sur la peine de mort », affirment les Vingt-sept dans leurs conclusions.
Cependant, ce manque de progrès ne signifie pas que l'UE ferme la porte à une future intensification des relations avec Minsk. « Le rythme des réformes est décevant mais nous ne renoncerons pas à notre effort visant à mettre le Bélarus sur une voie européenne », a commenté le ministre suédois des Affaires étrangères, Carl Bildt, qui a présidé le Conseil de mardi. Si le pays fait des progrès sur le plan démocratique, l'UE est prête à envisager un rehaussement des relations contractuelles, lit-on dans les conclusions. Les ministres ont aussi invité la Commission à préparer des recommandations en vue d'obtenir un mandat de négociation concernant la conclusion d'un accord de facilitation des visas et d'un accord de réadmission avec le Bélarus. (H.B.)