Bruxelles, 19/10/2009 (Agence Europe) - Préoccupée par la lenteur des pourparlers multilatéraux du round de Doha, la Commission européenne veut négocier des accords bilatéraux de libre-échange avec des grands partenaires commerciaux autres que la Corée du Sud, avec laquelle l'UE est en passe de ficeler un accord de libre-échange paraphé la semaine dernière (EUROPE n° 9999). « J'espère que l'UE pourra aller de l'avant avec certains grands partenaires. On ne peut pas continuer à attendre Doha indéfiniment », avait lâché le président de la Commission, José Manuel Barroso, lors d'une conférence le 9 octobre à Bruxelles. Selon une note interne à la Commission, sa DG Commerce aimerait obtenir l'aval du Conseil pour mener des pourparlers bilatéraux avec certains pays de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN/Brunei, Birmanie/Myanmar, Cambodge, Indonésie, Laos, Malaisie, Philippines, Singapour, Thaïlande et Vietnam), en vue de conclure des accords de libre-échange. Lancées mi-2007, tout comme celles avec la Corée du Sud et l'Inde, les négociations pour un accord de libre-échange de bloc à bloc entre l'UE et les pays de l'ASEAN ont été gelées dans la plus grande discrétion, en mai dernier, après avoir été confrontées à deux écueils: - d'une part, l'hétérogénéité du bloc asiatique a exclu de la négociation la Birmanie/Myanmar, le Cambodge et le Laos, qui bénéficient déjà, en tant qu'économies faisant partie des pays les moins avancés (PMA), de l'initiative européenne « Tout sauf les armes » ; - d'autre part, la situation particulière de la Birmanie/Myanmar, exclue des négociations côté européen pour des raisons politiques (son régime dictatorial, NDLR), mais que le bloc du sud-est asiatique a toujours voulu maintenir à la table des négociations. Quelque peu frustrée, la Commission veut désormais s'engager dans des négociations bilatérales avec les pays de l'ASEAN qui ont un « niveau d'ambition comparable » à celui de l'UE, Singapour en premier lieu, mais aussi la Thaïlande et le Vietnam. (E.H.)