Bruxelles, 30/09/2009 (Agence Europe) - La commission des Affaires étrangères du Parlement européen a organisé, mardi 29 septembre, une rencontre à huis clos avec le directeur général adjoint de la DG Relex (Commission européenne) consacrée aux relations avec la Libye, un pays avec lequel la Commission négocie actuellement un accord-cadre de coopération. Hugues Mingarelli a confirmé aux députés européens l'imminence de la conclusion de cet accord qui comporte notamment un important volet visant à contenir la vague de migrants transitant par la Libye. Aucune indication n'est sortie de ces débats discrets. Véronique de Keyser (socialiste belge et vice-présidente du groupe socialistes et démocrates) est pour l'heure la seule à commenter publiquement les annonces faites par M. Mingarelli.
Elle retient que cet accord « prévoit entre autres le refoulement possible vers ce pays de tout ressortissant Libyen tentant de pénétrer illégalement en Europe, mais aussi de tout autre immigrant illégal ayant transité par la Libye ». Cela serait, dit-elle, une « honte pour l'Europe ». Car, précise Mme de Keyser, l'UE « aiderait » la Libye à mieux contrôler ses frontières et à mettre sur pied des centres de détention en dépit de « l'état déplorable des droits de l'homme » dans le pays qui ne laisse aucun doute sur « les conditions de détention pénibles, voire dangereuses » qui attendent les détenus. « Êtes-vous conscients que vous renverrez ainsi dans des centres de détention libyens des immigrants qui vont y risquer leur vie? Mais c'est, dans ce cas, plutôt le droit d'asile en Europe qu'il faudrait leur offrir! », poursuit-elle, en soulignant que l'accord-cadre envisagé n'a pas encore de base juridique définie. « En clair, on ne sait pas encore aujourd'hui si le Parlement aura à l'approuver par avis-conforme. Si le Parlement ne doit pas l'entériner comme il le ferait pour tout autre accord de coopération, l'entourloupe serait alors de taille », souligne Mme de Keyser. Et de déplorer aussi que ce soit « un cadeau à Silvio Berlusconi qui a, de son côté, conclu des accords bilatéraux avec la Libye ». C'est un « véritable backchiche, sans le moindre contrôle démocratique », regrette la socialiste belge. (F.B.)