Strasbourg, 15/07/2009 (Agence Europe) - Le président du groupe des libéraux et démocrates européens, Guy Verhofstadt a présenté, mercredi 15 juillet à Strasbourg, un mémorandum de l'ALDE qui constitue un véritable projet politique pour l'Europe. Ce mémorandum et une lettre adressés au candidat Barroso posent cinq conditions pour un soutien du groupe libéral à la reconduction du président sortant de la Commission européenne: (1) construire un unique plan de relance européen pour lutter contre la crise économique, (2) instaurer un superviseur financier européen (le texte précise que le Conseil européen du risque systémique doit avoir les pleins pouvoirs pour prendre des décisions contraignantes concernant les institutions financières transfrontalières), (3) introduire une planification budgétaire de l'Union européenne (2013-2020) fondée dans une large mesure sur nos ressources propres indépendantes, (4) étendre la portée et la cohérence de la diplomatie européenne (cela doit s'accompagner de l'émergence d'un véritable marché de la défense commun qui renforce la base technologique et industrielle de la défense européenne), (5) créer un portefeuille spécifique de commissaire pour les droits fondamentaux et la lutte contre les discriminations.
« Nous sommes convaincus qu'en cette période importante et agitée, la Commission européenne doit plus que jamais redevenir le moteur de l'Union européenne, défendre l'intérêt général européen et par conséquent faire un usage maximum de son droit d'initiative », affirme le groupe ADLE dans cette lettre. Et le mémorandum précise: « Nous n'avons pas besoin d'une Europe des projets, mais d'un projet européen. Une Europe politique que ses peuples comprennent et en laquelle ils croient et ont confiance. Une Europe qui est un leader international dans tous les domaines ». Quel doit être le rôle de la Commission européenne ? « Elle doit utiliser au maximum son droit d'initiative afin de pousser l'intégration plus loin pour affronter la crise économique et financière, lutter contre le réchauffement planétaire, achever le marché intérieur, garantir le respect des libertés publiques et la sécurité, développer des politiques communes quand cela est nécessaire dans des domaines tels que la défense et l'énergie, trouver des solutions communes aux problèmes pratiques affectant les citoyens dans le domaine du droit civil et des soins transfrontaliers, et étendre la solidarité entre tous les États et tous les citoyens de l'Union ».
Interrogé sur les chances de réussites d'une Commission qui reprend l'initiative, l'ancien Premier ministre belge a dit: « Ce que nous attendons de la Commission, c'est qu'elle fasse des propositions, ce n'est pas qu'elle atteigne 100% de ses objectifs (…) mais il faut qu'elle mette quelque chose sur la table, comme (du temps de Jacques) Delors (…) Le problème, c'est qu'actuellement, il n'y a rien sur la table ». L'attitude du groupe libéral dépendra de la réponse du candidat Barroso aux cinq priorités, a expliqué Guy Verhofstdt en affirmant que « c'est une question de fond, de programme, pas une question de personnalité ». S'il critique « le manque d'audace, de courage » du président sortant, il estime aussi qu'il existe au Parlement « une large majorité pour une nouvelle stratégie de sortie de crise ». « Avec 27 plans différents, on ne va jamais sortir de la crise », ajoute le président du groupe libéral qui craint un scénario de stagnation à la japonaise. (O.J.)