Bruxelles, 22/06/2009 (Agence Europe) - Lors de la présentation des priorités de la future Présidence suédoise de l'UE à la presse, le 22 juin à Bruxelles, le ministre suédois des Affaires étrangères, Carl Bildt, a fait le point sur plusieurs dossiers dans le domaine des relations extérieures, notamment:
Iran. Les autorités iraniennes doivent « respecter le droit de manifester pacifiquement (…) L'usage de violence meurtrière contre des manifestants pacifiques n'est jamais toléré dans quelque pays que ce soit », a dit M. Bildt. Il a appelé Téhéran à clarifier les points d'interrogation qui subsistent « de toute évidence » sur les résultats des élections. Vendredi 19 juin, le Conseil européen a appelé les autorités iraniennes à s'assurer que le droit de tous les Iraniens à se rassembler et à s'exprimer pacifiquement soit garanti et à s'abstenir d'utiliser la force contre les manifestations pacifiques (EUROPE n°9925). Dimanche 21 juin, le gouvernement iranien a convoqué les ambassadeurs et représentants des pays membres de l'UE pour exprimer son mécontentement. « Le message (du sommet) était destiné à être entendu à Téhéran. Si les ambassadeurs sont convoqués, je crois que c'est un signe que le message a été entendu, et c'est bien de ce point de vue-là », a commenté M. Bildt.
Islande. M. Bildt s'attend à ce que le parlement et le gouvernement islandais décident de soumettre une demande d'adhésion à l'UE avant la fin de l'année. Si tel devait être le cas, cette candidature serait examinée sur base de ses « mérites propres » et en tenant compte du fait qu'une large partie de l'acquis communautaire est déjà d'application en Islande qui fait partie de l'Espace économique européen (EEE). Avec l'Islande comme membre, l'UE pourrait jouer un rôle plus important dans la région arctique, a dit M. Bildt.
Ukraine. Les négociations sur l'accord d'association et une zone de libre-échange seront poursuivies avec l'ambition de les conclure, si possible d'ici la fin de l'année. « C'est un objectif ambitieux mais pas entièrement irréaliste » qui, en ces temps de crise économique particulièrement grave en Ukraine, enverrait un « signal très positif », estime M. Bildt. À propos des tensions entre Moscou et Kiev sur le paiement des livraisons de gaz, il a estimé qu'il s'agit d'un « différend bilatéral » qui doit être résolu par les deux pays. De toute façon, l'UE n'a pas les moyens budgétaires pour venir en aide à l'Ukraine, a ajouté le futur président en exercice du Conseil de l'UE.
Russie. La Présidence suédoise tentera de faire avancer les négociations sur le nouvel accord de partenariat et espère aussi obtenir des « clarifications » à propos des intentions russes en matière d'adhésion à l'OMC. Les messages provenant de Moscou sur ce sujet sont quelque peu « contradictoires » ces derniers temps.
Serbie. La question du blocage (par les Pays-Bas) de l'accord de stabilisation et d'association occupera évidemment le Conseil pendant la Présidence suédoise mais il est prématuré de dire si ce dossier pourrait connaître une évolution positive d'ici la fin de l'année. Pour M. Bildt, il est clair que la coopération serbe avec le Tribunal pénal international sur l'ex-Yougoslavie s'est « substantiellement améliorée ».
ARYM. Sur base du prochain rapport de progrès de la Commission (attendu en automne), le Conseil examinera si l'ancienne République yougoslave de Macédoine, pays candidat depuis décembre 2005, remplit tous les critères (benchmarks) pour éventuellement entamer les négociations d'adhésion. Pour l'instant, il est « beaucoup trop tôt » pour savoir si le Conseil européen de décembre pourrait donner son feu vert aux négociations. Le différend avec la Grèce sur l'utilisation du nom « Macédoine » est un « problème bilatéral » qui doit être résolu par ces deux pays, estime M. Bildt. « Nous ne voulons et nous ne pouvons pas imposer des solutions à qui que ce soit », a-t-il dit.
Turquie. La Présidence suédoise fera tout pour faire progresser les négociations d'adhésion, mais il est prématuré de dire combien de chapitres pourraient être ouverts.
Chypre. Une issue heureuse au processus de réunification de Chypre serait un événement historique et pourrait considérablement faire avancer les négociations d'adhésion de la Turquie à l'UE, « mais ce processus (supervisé par l'ONU) n'est pas entre les mains de l'UE », a dit M. Bildt, saluant le « courage » du président chypriote, Dimitris Christofias, et du dirigeant de la communauté chypriote-turque, Mehmet Ali Talat.
Pays du Golfe/Corée du Sud. La Présidence suédoise a « l'espoir et l'ambition » de conclure les négociations de libre-échange avec les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) ainsi qu'avec la Corée du Sud. (H.B.)