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Bulletin Quotidien Europe N° 9923
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/algÉrie

La 4ème session du Conseil d'association met en place de nouveaux mécanismes pour concrétiser la coopération

Bruxelles, 17/06/2009 (Agence Europe) - Le Conseil d'association UE-Algérie a tenu sa quatrième session, mardi 16 juin à Luxembourg, sous la présidence conjointe du ministre tchèque des Affaires étrangères, Jan Kohout et de son homologue algérien, Mourad Medelci, permettant un passage en revue de l'ensemble des dossiers de la coopération. L'Algérie se serait surtout efforcée de remettre les pendules à l'heure et de passer du stade des projets et des idées à celui d'une coopération concrète et aux bénéfices perceptibles pour sa population et ses hommes d'affaires en proie au doute. Le ministre Medelci a annoncé à la presse de son pays la mise en place de « nouveaux mécanismes » pour donner un coup de fouet à une coopération bilatérale mal perçue en Algérie. Le gouvernement y fait face à une opinion publique assez réservée sur l'appréciation des bénéfices de cette relation, une réserve encore plus marquée dans les milieux économiques au point de voir une partie du patronat exiger la renégociation de l'accord d'association. Pour répondre à cette « grogne », le gouvernement algérien entend obtenir de Bruxelles des mesures et des appuis qui permettront d'appliquer pleinement ce qui est déjà défini, avant d'envisager le passage à d'autres cadres ou à d'autres formes de coopération, ce qui désigne notamment la « politique européenne de voisinage ». L'Algérie ne lui voit aucune utilité ni aucune « valeur ajoutée » par rapport à l'accord d'association. Alger s'est bornée à accepter la mise en œuvre d'une « feuille de route », avatar des « Plans d'action » signés par ses voisins. À ce titre, Alger et Bruxelles ont créé une série de sous-comités pour approfondir la coopération thème par thème, y compris sur les droits de l'homme et l'organisation de consultations politiques. L'Algérie et l'Union européenne auraient ainsi décidé mardi de donner une « dimension opérationnelle » à leur coopération et de définir en même temps des appuis budgétaires conséquents.

Le principal résultat, souligne la presse algérienne, a été de mettre en place des mécanismes permettant de dynamiser les investissements européens dans le pays dont le bilan serait « décevant ». « Lorsque nous avions signé l'accord en 2001, nous avions en même temps signé une déclaration dans laquelle on observait que l'objectif le plus important à travers cet accord était de provoquer un mouvement de promotion des investissements et notamment des investissements hors hydrocarbures », a rappelé M. Medelci. Pour cela, « nous avons décidé d'impliquer davantage l'UE dans la mobilisation des acteurs européens et, ensemble, pour la première fois de l'histoire, nous allons organiser un forum des opérateurs économiques européens à Alger » fin octobre ou novembre, a indiqué M. Medelci. Pour la Commission européenne, il y a une « préoccupation réelle » du fait d'une décision algérienne de décembre 2008 qui risque d'« affecter négativement » les investisseurs étrangers. Mais les Algériens demeurent convaincus qu' « en dépit de la récession en Europe, qui fait que les investisseurs restent en retrait, l'Algérie demeure un pays qui recèle des avantages comparatifs par rapport à d'autres pays, surtout en matière de prix de l'énergie et de par sa situation géographique stratégique », expliquent des sources algériennes.

Le dossier énergie a également figuré parmi les thèmes abordés dont la question du « double prix de l'énergie ». Algériens et Européens sont déjà engagés dans des discussions visant à élaborer un cadre particulier pour une coopération « stratégique » dans les domaines gaziers et pétroliers. Des discussions ont lieu en vue de donner contenu à un « mémorandum d'entente » qui tracera la voie à suivre. Autres soucis pour les Algériens, le creusement de leur déficit commercial qui ne cesse d' « augmenter en faveur de l'Europe » et le bilan des échanges hors hydrocarbures, caractérisés par une « faiblesse structurelle ». Ils notent une « explosion » des importations en provenance d'Europe, alors que les exportations des entreprises algériennes n'ont connu aucune évolution. Un groupe de travail doit examiner les entraves et les contraintes qui découragent les opérateurs économiques algériens exportant vers l'Union européenne, a indiqué M. Medelci. Sur la question migratoire, l'Algérie préfère appliquer les accords bilatéraux qu'elle a conclus avec les pays européens les plus concernés plutôt que de s'engager dans une coopération globale avec l'UE. Sur le volet des services, la Commission entend élargir les accords à ce domaine dans toutes ses relations avec la zone méditerranéenne, mais l'Algérie n'envisage « aucune négociation avec l'UE sur ce dossier avant son accession à l'OMC ». Des négociations devraient s'ouvrir sur l'agriculture et la pêche. (F.B.)

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