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Bulletin Quotidien Europe N° 9915
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/transparence

ALTER-EU relève les défauts du registre des lobbyistes

Bruxelles, 05/06/2009 (Agence Europe) - Alors que la Commission européenne doit célébrer, le 23 juin prochain, le premier anniversaire de son registre des groupes de pression, l'Alliance pour une réglementation de transparence et d'éthique en matière de lobbying (ALTER-EU) a publié, jeudi 4 juin, un rapport qui stigmatise la faible proportion des lobbyistes de Bruxelles qui s'y sont inscrits et le manque de transparence des informations financières divulguées par ces groupes. ALTER-EU propose aussi des améliorations, comme de passer à un registre obligatoire et non plus facultatif.

ALTER-EU est une coalition de plus de 160 groupes de la société civile, syndicats, universitaires et organismes de relations publiques préoccupés par l'influence croissante exercée par les lobbyistes du monde des affaires sur les programmes politiques en Europe. Et ce n'est pas la première fois qu'il dénonce les imperfections du registre des lobbyistes.

Premier constat: en date du 25 mai 2009, le nombre total d'enregistrés s'élève à 1488, soit en nette augmentation par rapport aux 871 organisations inscrites dans le registre le 23 janvier dernier. Or, d'après ALTER-EU, la proportion des représentants d'intérêts qui sont à Bruxelles est très faible: seulement 23% des 2600 groupes de pression qui sont à Bruxelles.

En outre, ALTER-EU critique le fait que seulement 206 entreprises sont inscrites au registre. Manquent au registre de grosses entreprises, dont: AIG, Alcan, Apple, AstraZeneca, AT&T, BAE Systems, Barclays, Bertelsmann, Boeing, British Airways, Caterpillar, Cisco, E-on, Electrabel, ebay, EDF, Ericsson, Fortis, Heinz, Hewlett Packard, Mastercard, Monsanto, Morgan Stanley, Nestlé, Nokia, Pioneer, Rolls Royce, Syngenta, ou encore Vodafone.

Il est reproché aux think tanks de ne pas jouer le jeu, puisqu'ils ne sont que 25 au total inscrits alors que la Commission estime qu'il existe 63 think tanks à Bruxelles qui devraient s'enregistrer. ALTER-EU estime que la plupart des think tanks à Bruxelles boycottent le registre, dont Friends of Europe, le Center for European Policy Studies et Bruegel. Par ailleurs, ALTER-EU dévoile que Gplus Europe a provisoirement suspendu son inscription au registre pour « cacher certains de ses clients ».

Selon ALTER-EU, il faut aussi rendre plus précises les exigences sur les informations financières à divulguer. « Il est impossible de savoir combien d'argent une entreprise dépense en lobbying à Bruxelles », s'inquiète ALTER-EU. De nombreux représentants d'intérêts minimiseraient les sommes investies.

La Commission européenne, de son côté, s'abstient de tout commentaire sur le contenu du rapport d'ALTER-EU. Elle l'invite à lui envoyer une copie de ce document. Jusqu'au 15 juin, les différentes parties intéressées sont invitées à envoyer à la Commission leurs remarques sur le fonctionnement de ce registre. À la lumière de cette consultation, la Commission procédera « durant l'été » à une révision de ce registre des lobbyistes. La Commission juge positif le nombre d'inscrits (presque 1 500) et semble vouloir persister à garder un système volontaire d'enregistrement. Elle admet cependant qu'il existe des moyens d'améliorer le système. Enfin, des lignes directrices ont été distribuées aux fonctionnaires de la Commission sur comment se comporter face aux lobbyistes. (L.C.)

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