Bruxelles, 05/06/2009 (Agence Europe) - Les élections européennes ont démarré jeudi 4 juin avec un taux d'abstention élevé aux Pays-Bas (où seulement 36,5% des électeurs se sont rendus aux urnes contre 39,1% en 2004) et au Royaume-Uni qui étaient les deux premiers pays à voter. Vendredi 5 juin, c'était au tour des Tchèques et des Irlandais d'élire leurs futurs eurodéputés. Ils seront suivis samedi 6 juin par les Lettons, Maltais, Chypriotes et Slovaques et dimanche 7 juin par les 19 autres pays membres.
Aux Pays-Bas, des résultats « non-officiels » - mais néanmoins précis et sans doute définitifs - ont déjà été publiés dès jeudi soir contrairement à « l'Acte portant élection des membres au Parlement européen au suffrage universel direct » de 1976 qui interdit aux États membres toute publication de résultats nationaux avant la fermeture des derniers bureaux de votes dans l'ensemble de l'UE, soit dimanche soir à 22 heures. La Commission européenne, qui avait explicitement rappelé cette règle aux États membres le 20 mai dernier, n'a pas du tout apprécié la publication anticipée des résultats aux Pays-Bas et a annoncé vendredi qu'elle pourrait prendre des mesures contre La Haye pour violation du droit communautaire (voir ci-dessous). En revanche, aucun résultat, même pas officieux, n'a été divulgué au Royaume-Uni.
Les chiffres publiés aux Pays-Bas indiquent que le parti chrétien-démocrate (CDA) du Premier ministre Jan Peter Balkenende arrive en tête avec 20% des voix (perte de 4,5% par rapport au scrutin européen de 2004) et cinq sièges au prochain Parlement européen où ils siègeront au sein du groupe du Parti Populaire Européen (PPE). Au cours de la dernière législature, le CDA avait sept élus. Le Parti pour la liberté (PVV) du député néerlandais Geert Wilders, anti-islamiste et d'extrême-droite, serait devenu la deuxième force politique du pays avec 16,9% des voix et 4 députés européens qui pourraient siéger au sein du groupe de l'Union pour une Europe des Nations (UEN). Le PVV avait notamment fait campagne contre « l'islamisation de l'Europe » et contre une future adhésion de la Turquie à l'UE. Le parti travailliste (PvdA) suivrait en troisième place avec 12,2% des voix et une chute spectaculaire de plus de 10% par rapport à 2004. Le PvdA passerait donc de sept à trois députés dans le nouveau Parlement européen où ses élus siègent au sein du Parti socialiste européen (PSE). Avec 11,3% des votes, le parti libéral-gauche D66 (dont les eurodéputés sont membres du groupe ADLE) obtient également trois sièges au nouveau parlement. Les libéraux du VVD, également affiliés au groupe ADLE, obtiennent trois députés. Les écologistes de Groenlinks ont obtenu près de 9% des voix et enverront trois députés au PE (un de plus qu'en 2004). Le parti chrétien ChristenUnie a légèrement progressé avec 6,9% des voix et obtient deux sièges au PE. Le parti d'extrême-gauche (SP) a récolté 7% des voix et aura deux députés européens.
La Commission demande des explications à La Haye. La Commission européenne a annoncé vendredi qu'elle allait demander des « clarifications » au gouvernement néerlandais sur le « déroulement des événements jeudi soir » et sur la manière dont des résultats électoraux sont parvenus au public. À la lumière de la réponse néerlandaise, « la Commission vérifiera s'il y a eu violation ou pas de la législation européenne » sur l'organisation des élections européennes, a indiqué un porte-parole de la Commission. Cette législation, a-t-il rappelé, interdit toute publication prématurée des résultats « fussent-ils préliminaires, partiels ou locaux ». « Ces résultats ne peuvent pas non plus être donnés à des médias ou à des instituts de sondage avant la fin du vote dans toute l'UE », a-t-il ajouté. La Commission estime aussi que « les événements jeudi soir aux Pays-Bas ne semblent pas respecter l'esprit des élections du PE qui ont vocation à aller au-delà des aspects purement nationaux. Si nous voulons que les citoyens comprennent la nature européenne de ces élections, il est indispensable, à nos yeux, de communiquer le résultat du scrutin au même moment dans tous les États membres pour qu'il soit perçu comme une élection européenne et pour ne pas influencer le vote dans les autres pays membres ». S'il s'avère que les Pays-Bas ont violé les règles, la Commission pourrait prendre des « mesures », a dit le porte-parole qui refuse toutefois de spéculer sur la nature de ces mesures. Les autorités néerlandaises sont prêtes à s'expliquer devant la Commission, a annoncé vendredi un porte-parole du ministère néerlandais des Affaires intérieures. « Quand il y a des élections, nous estimons que les électeurs ont le droit de connaître rapidement les résultats », a-t-il dit. (H.B.)