login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 9915
Sommaire Publication complète Par article 10 / 25
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/conseil jai

L'UE « prudente » sur l'immigration en Méditerranée

Luxembourg, 05/06/2009 (Agence Europe) - Les ministres européens de l'Intérieur ont réservé, jeudi 4 juin, un accueil plutôt réservé aux solutions proposées par la Commission européenne pour régler les problèmes rencontrés par les pays du Sud de l'Europe qui sont confrontés à des problèmes grandissants d'immigration. Le commissaire européen chargé du dossier, Jacques Barrot, avait présenté aux ministres, lors d'un déjeuner, une série de mesures destinées à soulager l'Italie, Malte, Chypre, l'Espagne et la Grèce, qui font face à des arrivées croissantes d'immigrés clandestins sur leurs côtes, dont un grand nombre de demandeurs d'asile. Parmi ces mesures figurait notamment un mécanisme de réinstallation des personnes placées sous protection internationale dans les États membres les plus exposés (EUROPE n° 9910). Mais, une majorité d'États membres ont refusé qu'un tel mécanisme devienne obligatoire. « Si tous les États membres sont d'accord pour dire que nous ne pouvons pas nous permettre de laisser perdurer ce problème grave, les avis divergent autour de la table (…) Voilà pourquoi nous avons été prudents face à la presse », a notamment reconnu le ministre de l'Intérieur tchèque, Martin Pecina, lors de la séance du Conseil. Du coup, « il est probable qu'il y ait une coopération volontaire », notamment avec Malte, a affirmé le ministre, en conférence de presse. Le ministre italien de l'Intérieur, Roberto Maroni, a regretté la frilosité de la part de ses partenaires quant à la répartition du fardeau. « Nous demandions que cela se fasse sur une base obligatoire, mais ils préfèrent une base volontaire », a-t-il dit, ajoutant qu'il craignait que cela « ne fonctionne pas ». La France a indiqué qu'elle soutenait « un volontariat volontariste » avec des engagements moraux et politiques. « Nous allons réinstaller en France prochainement 80 migrants qui ont obtenu le statut de réfugiés à Malte », a confirmé le ministre chargé de l'Immigration, Eric Besson. « La situation devient intenable dans les pays de la première ligne et nous devons renforcer la lutte contre l'immigration clandestine », a-t-il insisté. Et de poursuivre: « J'ai demandé à ce que nous nous dotions d'une police européenne aux frontières dotée de moyens mutualisés afin d'intercepter, reconduire et démanteler les filières clandestines ». Pour le ministre, Frontex, doté de moyens supplémentaires, pourrait constituer le « noyau » de ce dispositif. Revenant sur les autres propositions de la Commission, M. Besson a estimé qu'il fallait réfléchir avec le HCR à la façon d'assurer une protection internationale dans les pays d'origine et de transit, alors même que de nombreux migrants fuient ces pays pour trouver refuge en Europe parce qu'ils se sentent menacés. « Nous devons faire en sorte que les personnes qui ont droit à une protection internationale ne soient pas amenées à prendre des risques et à payer très cher pour cela », a-t-il insisté.

Le cas libyen. Lors de la conférence de presse, M. Barrot a indiqué qu'il allait engager des négociations avec la Libye pour amener ce pays à signer la convention de Genève sur les réfugiés (EUROPE n° 9914). À ce stade, « aucune demande » de mandat n'a été octroyée par le Conseil, relève néanmoins un diplomate. Le ministre a estimé que tout le monde était d'accord sur le fait que ce pays doit faire l'objet d'un partenariat. « Le signal que l'Italie a lancé a porté ses fruits », a-t-il dit, se référant à l'accord signé par ce pays avec Tripoli, lequel permet notamment à l'Italie de renvoyer vers la Libye des migrants stoppés en mer Méditerranée. Le ministre italien a déclaré avoir transmis à la Commission une série de demandes d'assistance faites par la Libye. « Il y a une absolue nécessité de donner une réponse pour lui permettre de continuer ses efforts pour bloquer l'immigration clandestine », a-t-il plaidé. « Nous estimons avoir 130.000 réfugiés résidents en Italie. C'est un poids », a insisté M. Maroni. De son côté, le ministre de l'Intérieur grec, Prokopis Pavlopoulos, a tenu à rappeler que si la Libye constituait un problème, la Turquie en était également un. « N'oublions pas le problème de l'est de la Méditerranée car une quantité de clandestins venus de Turquie passent par là », a-t-il dit. « Les négociations d'adhésion donnent à l'UE des droits vis-à-vis de la Turquie. Compte tenu des millions d'euros octroyés par l'UE, il faut que la Turquie soit consciente de ses devoirs et remplisse ses obligations en matière d'immigration et d'asile. Quant à la réadmission, la Turquie ne peut pas refuser l'hypothèse d'un tel accord », a rappelé le ministre.

La Présidence suédoise à l'œuvre. Le ministre Pecina a confirmé que Rome avait demandé à ce que le Conseil européen des 18-19 juin adopte des conclusions officielles sur la clandestinité en Méditerranée. « Mais nous n'en sommes qu'au début de la discussion, c'est un sujet nouveau à traiter sous la prochaine présidence suédoise », a-t-il dit. (B.C.)

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
JOURNÉE POLITIQUE
INFORMATIONS GÉNÉRALES
CALENDRIER
INTERPENETRATION ECONOMIQUE