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Bulletin Quotidien Europe N° 9882
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/omc/doha

La relance des négociations s'annonce laborieuse

Bruxelles, 15/04/2009 (Agence Europe) - La nécessité de conclure le round de Doha a été de nouveau soulignée, tant par le sommet du G-20, le 2 avril à Londres, que par le sommet informel UE/États-Unis du 5 avril à Prague. Pascal Lamy attend néanmoins un réengagement politique concret des dirigeants de la planète avant l'été pour convoquer une nouvelle réunion ministérielle de l'OMC. La relance des négociations de Doha s'annonce laborieuse car, outre le nécessaire engagement des pays membres en faveur du libre-échange face à la crise, elle repose en particulier sur le réexamen par l'administration Obama de la stratégie commerciale des États-Unis ainsi que sur l'issue des élections générales en Inde. En outre, sujet de divergence persistante entre pays développés et en développement, la question agricole reste aussi très sensible.

Dans leur « plan global pour la relance et la réforme », les dirigeants des vingt principales économies mondiales, développées et émergentes, déclarent « [rester] décidés à parvenir à une conclusion ambitieuse et équilibrée » du round de Doha, qui permettrait l'injection d'au moins 150 milliards de dollars par an dans l'économie mondiale. « Pour y parvenir, nous nous engageons à nous appuyer sur les progrès déjà réalisés, y compris les modalités », précisent-ils, se promettant de faire très vite le point sur le dossier et de mettre à profit leur travail continu et toutes les rencontres internationales appropriées pour favoriser des progrès.

Côté européen, José Manuel Barroso reste confiant quant à une percée cet été, même si le G20 n'a pas fixé d'échéance pour l'obtention d'un compromis définitif sur les modalités de libéralisation des échanges en agriculture et sur les produits manufacturés (NAMA), dans l'impasse depuis l'échec de la ministérielle de juillet 2008 à Genève. « Nous nous sommes mis d'accord pour travailler avec nos partenaires du G20 à une avancée sur Doha lors du sommet du G8 », du 8 au 10 juillet sur l'île de La Maddalena, en Sardaigne, où les dirigeants du G8 rencontreront leurs homologues des pays émergents clés, le Brésil, la Chine et l'Inde, a assuré le président de la Commission européenne, au lendemain du G20. Un engagement politique réaffirmé et des progrès tangibles sur les chapitres les plus épineux de la négociation conduiraient alors M. Lamy à convoquer rapidement une nouvelle réunion ministérielle, au format identique à celle de juillet 2008.

Toutefois, un réengagement politique assorti d'avancées techniques dépendra beaucoup de la stratégie de la nouvelle administration américaine en matière commerciale, qui n'est pas encore définie à ce stade, ainsi que de la position de l'Inde, confrontée à des élections législatives en avril-mai. Constatant, après le premier sommet du G20 en novembre dernier, la persistance de désaccords sur trois dossiers clés - le mécanisme de sauvegarde spéciale (SSM) en agriculture pour les pays en développement, les accords sectoriels pour les produits industriels et la question du coton -, M. Lamy avait renoncé à convoquer en décembre une nouvelle réunion ministérielle. Voulue par les pays développés, en particulier les États-Unis, les accords sectoriels (sectorals) prévoient, sur une base volontaire des pays membres, une élimination progressive des droits de douane dans 14 secteurs industriels, dont l'automobile, les machines, l'électronique, les jouets et le textile. La convergence sur ce dossier reste, à ce stade, suspendue à un engagement ferme des grandes économies émergentes telles que le Brésil, la Chine et l'Inde. À l'origine de l'échec de la réunion de juillet 2008, en raison de profondes divergences entre les États-Unis et l'Inde, la question du mécanisme de sauvegarde spéciale, destiné à protéger l'agriculture des pays en développement d'une augmentation soudaine et massive des importations, reste pour sa part dans l'impasse, en dépit des efforts de convergence réalisés au niveau technique à Genève. Enfin, objet d'un éternel contentieux entre les États-Unis et les pays du C-4 (Bénin, Burkina Faso, Mali et Tchad), la question du coton reste quasi intégralement à régler.

Depuis la Zambie, M. Lamy a réaffirmé le 7 avril que le round de Doha peut être conclu dans les huit mois suivant un accord sur les modalités. Dans une interview accordée à Reuters le jour même, l'ancien commissaire européen précisait que l'OMC donnerait aux États-Unis le temps de faire connaître leur position sur Doha et attendrait la fin des élections générales en Inde, à la mi-mai. « Je convoquerai une réunion dès que possible, mais je ne fixerai pas de date-butoir. Je réunirai à nouveau les ministres quand j'aurai le sentiment qu'il existe une volonté de compromis », insistait-il. « Si nous en arrivons là et que nous sautons le pas, ce que nous appelons les modalités, la fin du round pourrait avoir lieu six ou huit mois plus tard », concluait-il.

Reste qu'outre les questions pendantes (accords sectoriels, SSM et coton), outre l'incertitude concernant l'engagement des États-Unis et de l'Inde, et outre la question de l'engagement des pays membres à résister aux tentations protectionnistes face à la crise mondiale, la question agricole, principal écueil du round de Doha, reste une question ultra sensible. Selon un document préparé par la présidence italienne du G8, et dévoilé par le Financial Times, les pays du G8 (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni et Russie) devraient réclamer des « interventions immédiates en faveur de l'agriculture », sous peine de voir la planète subir une crise alimentaire permanente. Rome a, à cette fin, proposé la tenue d'une réunion des ministres de l'Agriculture du G8, du 18 au 20 avril près de Trévise, élargie à six pays émergents, l'Afrique du Sud, le Brésil, la Chine, l'Égypte, l'Inde et le Mexique. (E.H.)

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