Bruxelles, 15/04/2009 (Agence Europe) - Alex Türk, le président du G29, qui regroupe les autorités européennes de protection des données, et Peter Fleischer, le responsable de la protection des données personnelles pour Google, ont ouvert les hostilités sur la conservation des données personnelles en Europe. Le premier a reproché à Google, dans une interview parue dans Les Échos du 7 avril, de bloquer les négociations européennes sur la durée de conservation des données personnelles des internautes. Google a en effet refusé d'abaisser à 6 mois maximum la durée de stockage des données, malgré la recommandation faite il y a un an par le G29 (EUROPE n° 9639). « Microsoft a annoncé qu'il était prêt à descendre à six mois si les autres le faisaient aussi. Yahoo! est descendu à trois mois. Du coup, Google se retrouve esseulé », a déclaré M. Türk. « Google ne peut pas expliquer concrètement les raisons pour lesquelles il a besoin de ce délai. On se demande ce qui se cache derrière cette position », a-t-il ajouté, déplorant cette situation de « blocage ». Il a aussi estimé que les Américains assimilaient les données personnelles à « des biens marchands », tandis que les Européens pensent plutôt que ce sont des attributs de la personnalité. Dans une interview accordée au même quotidien, le 14 avril, M. Fleischer contre-attaque en affirmant que la recommandation du G29 « ne fait pas force de loi ». Selon lui, Google est prêt à faire mieux quand la technologie le permettra. « Aujourd'hui, nous sommes obligés de conserver les données 9 mois pour améliorer notre algorithme de recherche. Les autres moteurs ont des algorithmes différents et peuvent être soumis à des arbitrages différents. Il est donc difficile de s'accorder sur le même délai de conservation », a déclaré M. Fleischer. Ce dernier a aussi critiqué la vision « très pessimiste » et « technophobe » d'Alex Türk lorsqu'il critique l'approche américaine en matière de données personnelles. Enfin, concernant les règles qui pourraient voir le jour en matière de transparence, M. Fleischer a accusé M. Türk d'avoir « torpillé » l'initiative de la Commission européenne, qui avait nommé des experts pour réfléchir sur la protection des données personnelles, à cause des liens commerciaux qu'entretenaient certains experts du groupe avec des entreprises américaines (EUROPE n° 9845). (B.C.)