Bruxelles, 15/04/2009 (Agence Europe) - À la suite à sa dernière réunion à Prague (18-21 mars), l'Association des universités européennes (EUA), qui représente quelque 800 universités, a publié une déclaration qui envisage des solutions pour combattre les effets de la crise économique dans le secteur de l'enseignement. Cette déclaration comprend une série de messages clés qui seront présentés lors de la prochaine réunion ministérielle des 46 États participant au processus de Bologne qui se tiendra à Leuven et Louvain-la-Neuve (Belgique) les 28 et 29 avril prochains. L'EUA présentera également à cette occasion la position des universités quant aux développements futurs que devra prendre le processus de Bologne après 2010.
Les universités sont « une force motrice pour la reconversion économique en Europe » et le monde politique doit continuer d'investir massivement dans l'éducation et la recherche à l'instar des États-Unis ; « l'Europe ne peut pas se permettre de courir le risque de perdre une génération de gens talentueux ou une sérieuse diminution dans les domaines de la recherche et de l'innovation », souligne l'EUA. Les universités européennes appellent les gouvernements à renouveler leurs efforts pour atteindre les objectifs de Barcelone, à savoir augmenter les investissements à 3% du PIB pour la recherche et à 2% du PIB pour l'éducation supérieure, comme l'a proposé la Commission européenne. Des mesures résolument incitatives doivent être prises pour créer de réelles opportunités destinées aux jeunes chercheurs, pour exploiter le potentiel créatif jusqu'ici inutilisé via la mise sur pied de programmes d'apprentissage tout au long de la vie et pour améliorer les infrastructures universitaires, souligne encore la Déclaration de Prague. Celle-ci énumère en substance dix facteurs clés de succès pour les universités européennes: 1) élargir les opportunités de participation ; 2) améliorer le profil des professions liées à la recherche ; 3) fournir des programmes d'études de qualité et innovateurs ; 4) développer des profils de recherche institutionnelle distincts ; 5) façonner, renforcer et implanter l'autonomie ; 6) augmenter et diversifier les sources de revenus ; 7) augmenter la qualité et la transparence ; 8) promouvoir l'internationalisation ; 9) augmenter et améliorer la qualité de la mobilité ; 10) développer les partenariats. Chacune de ces dix mesures fera, au cours des prochains mois, l'objet d'une proposition détaillée avec des recommandations aux niveaux institutionnel, national et européen.
Pour l'après-2010, les universités proposent quatre objectifs majeurs à garder en ligne de mire dans le cadre de l'approfondissement du processus de Bologne: 1) réaffirmer et consolider le lien qui existe entre l'enseignement supérieur et la recherche pour en faire un véritable label de l'enseignement supérieur européen ; 2) répondre aux besoins spécifiques de la population en proposant des cursus et des programmes d'études souples et adaptés ; 3) redéfinir la responsabilité de l'État et le degré d'autonomie des universités ; 4) approfondir la coopération entre les universités pour apporter une réponse adéquate aux défis généraux qui se profilent. En conclusion, l'EUA estime qu'un dialogue structuré entre toutes les parties prenantes sera demain plus crucial que jamais pour fixer une stratégie à long terme fiable et apte à répondre aux défis mondiaux. (I.L.)